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Sans Barkhane, les Etats du Sahel s’effondreraient « sur eux-mêmes » (général Lecointre)

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Le chef d’état-major des armées françaises, le général François Lecointre, a estimé jeudi que les pays du Sahel s’effondreraient « sur eux-mêmes » et que le « terrorisme » y deviendrait incontrôlable sans l’appui de la force française Barkhane.

« Si on n’est pas là, si on part demain et si avec les Européens qui nous accompagnent dans la gestion de cette crise très grave nous n’agissons pas, ces pays s’effondreront sur eux-mêmes, le terrorisme s’y développera de façon incontrôlée, pourra éventuellement gagner et s’exprimer ensuite en France et en Europe et par ailleurs on connaîtra des phénomènes de migration absolument phénoménaux », a-t-il déclaré sur la chaîne d’information CNEWS.

La force antijihadiste Barkhane mobilise quelque 4.500 militaires dans cinq pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie). Elle concentre particulièrement ses efforts dans la région du Liptako Gourma dans le nord-est du Mali.

Dans ce pays, des zones entières continuent d’échapper au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, qui sont régulièrement visées par des attaques meurtrières malgré un accord de paix avec l’ex-rébellion à dominante touareg dans le nord, censé isoler définitivement les jihadistes.

Ces dernières années, ces attaques se sont étendues au centre et sud du Mali ainsi qu’au Burkina Faso et au Niger voisins, devenant de plus en plus fréquentes, le nombre de victimes se chiffrant en milliers malgré le déploiement massif de forces de sécurité.


« La région dans laquelle nous faisons effort, le Liptako Gourma, représente le quart de la France », a relevé le général Lecointre, interrogé sur les difficultés à enrayer les violences sur le terrain.

« La France ne peut pas en quelques mois, ni même quelques années régler un problème réparti sur un territoire très vaste, avec des gens qui sont au milieu des populations, qui les terrorisent », a-t-il souligné.

« Le problème est par ailleurs bien plus large qu’un simple problème militaire. C’est un problème systémique, qui comporte des sujets de développement, de gouvernance, qui est aggravé par les tensions interethniques, par la sécheresse qui sévit au Sahel », a-t-il ajouté.


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