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RDC: le regain de violence empêche de stopper l’épidémie d’Ebola

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti vendredi que le regain d’insécurité en République démocratique du Congo empêchait ses équipes et celles de ses partenaires de mettre un terme à l’épidémie d’Ebola qui sévit depuis août 2018.

« Nous voulons simplement exprimer à quel point nous sommes alarmés par le fait que le manque d’accès et de sécurité nous empêche maintenant de mettre un terme à cette épidémie », a déclaré le docteur Mike Ryan, directeur des programmes d’urgence de l’OMS, lors d’un point de presse à Genève.

Cette 10e épidémie de fièvre hémorragique sur le sol congolais a tué près de 2.200 personnes, sur quelque 3.300 cas et l’épidémie a été déclarée « urgence de santé publique mondiale » le 17 juillet par l’OMS.

Alors que la panoplie de moyens de lutte contre le virus Ebola s’est récemment enrichie d’un deuxième vaccin, le président congolais Félix Tshisekedi a estimé que l’épidémie devrait être éradiquée « d’ici à la fin de l’année ».

« Le nombre de cas hebdomadaires a diminué progressivement, avec seulement 7 cas signalés au cours de la dernière semaine. (…) C’est une bonne nouvelle », a reconnu Mike Ryan.

Mais, a-t-il ajouté, « la mauvaise nouvelle, c’est que dans certaines zones clés, l’épidémie d’Ebola est actuellement corrélée avec la violence qui y sévit » car l’insécurité empêche de suivre les contacts des personnes malades, a-t-il ajouté.


« Malheureusement, au cours des deux dernières semaines, le nombre d’incidents de sécurité a presque doublé dans bon nombre de ces zones, y compris à Oïcha et Beni », a-t-il dit, soulignant que ce regain de violence était notamment lié aux affrontements entre l’armée congolaise et les milices ADF, à l’origine un groupe armé de musulmans ougandais installé depuis 1995 dans l’est de la RDC.

L’armée congolaise a annoncé le 30 octobre des opérations unilatérales contre les ADF. Depuis, les ADF mènent des représailles contre les civils, comme à Beni.

L’armée congolaise a lancé ses opérations sans la force onusienne de la Monusco, qui lui fournit des renseignements et des soutiens logistiques (évacuations sanitaires).

M. Ryan a par ailleurs estimé que les manifestations de la population contre la violence étaient « compréhensibles » mais, a-t-il ajouté, elles « perturbent également nos opérations » de lutte contre Ebola.

« Nous sommes si près d’en terminer (avec Ebola) que si nous perdons cette occasion, nous devrons faire face à cette réalité pendant des mois à venir », a-t-il insisté.



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