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Nigeria: poursuites abandonnées dans l’un des procès visant le président de la Fédération

Un tribunal nigérian a décidé mardi d’abandonner les poursuites contre Amaju Pinnick, le président de la fédération nationale de football (NFF), ainsi que contre quatre de ses collègues, dans une affaire très médiatisée dans un pays gangréné par la corruption.

Les dirigeants du football nigérian étaient sous le coup de 17 chefs d’accusation, allant de l’omission de déclaration d’actifs au détournement de 8,4 millions de dollars (7,5 millions d’euros) versés à la NFF par la Fifa en vue de la participation du Nigeria à la Coupe du Monde 2014.

La juge de la Haute Cour de Justice d’Abuja, Ijeoma Ojukwu a déclaré n’avoir pas « d’autres choix » que d’abandonner les poursuites.

Car en septembre, le gouvernement a dissout l’agence anti-corruption en charge de cette enquête – Special Presidential Panel On Recovery Of Public Property, SPIP-, après un scandale de corruption en son sein.

Le procès avait été sans cesse ajourné depuis que M. Pinnick et ses collègues avaient été inculpés en mai, mais ne se présentaient jamais aux convocations de la justice.

Toutefois, cette décision ne met pas fin aux ennuis des dirigeants de la NFF avec la justice, car une autre agence anti-corruption, l’EFCC (Commission contre les crimes économiques et financiers) poursuit les enquêtes.


Le mois dernier, l’Etat nigérian a procédé à la saisie de douze propriétés dont la moitié appartiennent à Pinnick, incluant une résidence à Londres.

Pinnick, le secrétaire général de la NFF Mohammed Sanusi et trois de ses comptables ont été accusés d’un vol présumé de plus de 10 millions de dollars de subventions de la Fifa et de la Confédération africaine de football (CAF), destinées au développement du football dans le pays.

Au mois de juillet, la CAF avait exclu Pinnick de son poste de vice-président à cause des charges pesant contre lui. Le dirigeant nigérian et la NFF avaient alors nié les faits, parlant d’une « chasse aux sorcières ».

Le président Muhammadu Buhari, réélu pour un second mandat en février, a assuré vouloir mettre fin au « cancer de la corruption », qui « gangrène » le premier producteur de pétrole d’Afrique.

Quasiment toutes les semaines, des comptes sont gelés, des immeubles soupçonnés avoir été mal acquis sont saisis, mais quasiment aucun procès important n’a abouti en condamnation.



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