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Libye: un complexe hôtelier, siège de députés dissidents, visé par une roquette

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Les autorités de Tripoli ont accusé vendredi les forces du maréchal Khalifa Haftar d’avoir tiré une roquette sur un complexe hôtelier de la capitale libyenne abritant les locaux de députés s’opposant à ce militaire, homme fort de l’est du pays.

L’attaque a provoqué des dégâts à l’une des entrées du centre de conférence du complexe, dont les baies vitrées ont volé en éclats, selon des journalistes de l’AFP sur place.

Aucune victime n’est à déplorer, selon des sources concordantes.

Complexe hôtelier de luxe au cœur de Tripoli, le Rixos qui compte un hôtel et un centre de conférence, fut le siège du premier parlement élu après la chute du dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011.

Les membres de la deuxième assemblée élue en 2014 avaient été obligés de s’installer dans l’Est, après la prise de la capitale par une alliance de milices.

Début mai, 42 députés ont annoncé leur boycott du Parlement en raison de son soutien à l’offensive lancée le 4 avril par le maréchal Haftar sur Tripoli, siège du Gouvernement d’union nationale (GNA).

Ils se sont installés dans la capitale, tenant leurs réunions dans le centre de conférence du Rixos et annoncé la mise en place d’un parlement dissident.


Le GNA a fait état vendredi d’un tir de « roquette » sur ce bâtiment, accusant les forces du maréchal Haftar d’en être les responsables, sans le nommer directement.

« Prendre pour cible ce bâtiment qui a été le témoin de la naissance de la première institution législative après la révolution, (…) illustre clairement l’entêtement de l’agresseur à frapper les symboles de l’Etat civil et une tentative de bâillonner les voix des députés », a-t-il dit dans un communiqué.

S’exprimant au milieu des débris, le président du Parlement dissident Sadeq al-Kehili a dénoncé un « crime de guerre » perpétré par « les forces d’agression et d’invasion, dirigé par le rebelle Haftar ».

Les troupes du maréchal Haftar, qui contrôlent déjà l’est et une grande partie du sud, espèrent étendre leur emprise sur l’ouest du pays mais elles se heurtent à une résistance farouche des forces du GNA.

Les combats ont fait au moins 510 morts et 2.467 blessés depuis le 4 avril et obligé plus de 80.000 personnes de fuir leurs domiciles alors que plus de 100.000 personnes sont prises au piège des combats aux abords de Tripoli, selon des agences de l’ONU.



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