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Les bonnes affaires des vendeurs de café à Brazzaville

Brazzaville, la capitale de la République du Congo, est un lieu par excellence des petits métiers dont le plus en vue est sans nul doute celui de vendeur de café. Si on ne voit pas les vendeurs de café installés aux coins de rue, carrefours et grandes artères, on a de fortes chances de les croiser, poussant devant eux un chariot contenant une bouteille de thermos remplie d’eau chaude, des boîtes de café, du lait, une poêle à frire et des œufs.Bref, dans ces garde-manger mobiles drivés par des garçons de 10 ans ou des jeunes hommes de 20 ans, il y a tout ce qu’il faut pour se payer un bon petit-déjeuner avant de se mettre au travail. C’est ce que comprennent bien les chauffeurs, les apprentis, les commerçants et les manœuvres et autres fonctionnaires, obligés de quitter tôt le matin leur domicile pour se rendre au travail.

Principaux clients des vendeurs de café, ces derniers s’agglutinent par petits groupes devant les chariots pour faire à tour de rôle leurs commandes. Lesquelles vont du simple café noir au café au lait, en passant par une omelette sur le plat.    

Entre habitués connaissant bien les prix, on ne marchande pas : on commande et patiente un, le temps d’être servi. Ainsi, pour le café noir servi fumant dans un verre à jeter c’est 100 FCFA, contre 150 FCFA quand il faut y ajouter du lait et 300 FCFA lorsqu’on a envie d’une omelette.   

Buvant goulûment son café, Galikira, chauffeur de bus, lâche entre deux gorgées : « Nous sortons tôt le matin et on a même pas le temps de prendre un bout de pain à la maison ; d’où ce service public nous soulage et nous donne du réconfort, surtout ces jours-ci où il fait froid le matin. »

C’est par des hochements de tête approbateurs que Allassane Sané accueille cette sortie d’un de ses clients. Agé de 16 ans et originaire d’un pays d’Afrique de l’Ouest, l’adolescent confesse avoir gagné son indépendance financière grâce à la vente de café.  Cette activité, ajoute-t-il dans une pointe de fierté, « me procure quotidiennement ce dont j’ai besoin pour vivre décemment ».

André Moutou, un Congolais, ne voit lui aussi que du bonheur dans la vente de café, une activité qu’il regrette avoir découvert sur le tard.

« Au départ, j’avais honte, mais face aux difficultés de ma famille à m’aider à cause de mon âge, j’ai pris la résolution de me jeter à l’eau », déclare-t-il, avant d’ajouter que par un heureux retournement des choses il aide maintenant ses proches à s’en sortir.


Tout en poussant son chariot, il raconte avoir appris, à l’instar des chauffeurs de taxi, comment lancer des coups d’œil circulaires pour ne rater aucune sollicitation de clients avides de café chaud ou d’omelette sur le plat.

Comme Moutou, beaucoup de Congolais  se sont lancés dans cette activité considérée au départ comme l’apanage des étrangers du fait qu’ils ont été les premiers à l’exercer.

A ce propos, Isidore Mbala, un ressortissant de la RD Congo, très tôt versé dans la vente de café s’est constitué une solide clientèle qui a l’habitude de le trouver aux abords d’un arrêt de bus où il officie. Agé et n’ayant plus la force de pousser son chariot, il attend patiemment au lieu habituel ses clients.     

« Je suis sur place ici et je commence ma journée très tôt le matin quand il fait encore froid (…) au milieu de la journée, quand les gens sont fatigués, ils viennent toujours demander un petit café. Ainsi, ils auront la force de terminer la journée », explique Isidore, en bon connaisseur des humeurs de ses clients.

Travaillant jusqu’à 21h, il se retrouve avec une recette de 15.000 FCFA dont une partie va dans ses économies et la satisfaction de ses besoins personnels, l’autre partie étant réinvestie dans l’achat du nécessaire (café, lait, sucre, œuf.etc) apte à faire fonctionner son commerce.



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