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L’Egypte accueille deux sommets africains d’urgence sur le Soudan et la Libye

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L’Egypte accueille mardi deux sommets africains pour évoquer en urgence les crises au Soudan et en Libye, sur fond de crainte d’un débordement des troubles au-delà des frontières.

Ces réunions, sous la houlette du chef de l’Etat égyptien Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l’Union africaine (UA), sont les premières de dirigeants africains de ce niveau sur ces deux pays africains.

Le sommet sur le Soudan, où un mouvement de contestation inédit se poursuit après la destitution du président Omar el-Béchir, a commencé en premier au Caire, selon la présidence égyptienne.

M. Sissi est réuni avec ses homologues Idriss Déby (Tchad), Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Paul Kagame (Rwanda), Denis Sassou-Nguesso (Congo), Mohamed Abdullahi Mohamed (Somalie) et Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud).

Un autre sommet sur la Libye, où le maréchal Khalifa Haftar a lancé une offensive contre la capitale Tripoli, doit réunir autour du chef de l’Etat égyptien les présidents du Rwanda et d’Afrique du Sud ainsi que celui du Congo, M. Sassou-Nguesso, également président de la commission sur la Libye à l’UA, selon la présidence.

Le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki, assistera aux deux rencontres, de même que des responsables éthiopien, sud-soudanais, ougandais, kényan et nigérian.

Mardi, lors d’une rencontre avec le président sud-africain avant le sommet, M. Sissi a souligné la nécessité de trouver une « solution africaine » aux crises dans le continent et réaffirmé le soutien de l’Egypte « aux choix du peuple soudanais » en soulignant la nécessité de « préserver les institutions ».

– Menaces de l’UA –

La veille, M. Sissi avait reçu Aboubaker Moustafa, le nouveau chef du Service national de renseignement et de sécurité soudanais (NISS), un organe qui avait été accusé d’avoir mené aux premiers mois de la contestation la répression contre les manifestants ayant fait plus de 60 morts et des centaines de blessés depuis le 19 décembre.

Dans la capitale soudanaise Khartoum, les manifestants restent eux mobilisés devant le QG de l’armée pour réclamer au Conseil militaire de transition, aux commandes après la destitution de M. Béchir le 11 avril, de transférer le pouvoir à une autorité civile.


En réponse, le Conseil de transition a affirmé lundi qu' »une proposition » des chefs de la contestation était « en cours d’examen, avec d’autres idées venant d’autres forces politiques » et qu’il « communiquera avec chacun pour parvenir à un terrain d’entente ».

L’UA a menacé le 15 avril de suspendre le Soudan si l’armée ne quittait pas le pouvoir d’ici 15 jours, au profit d’une « autorité politique civile ».

La contestation inédite au Soudan a été provoquée par le triplement du prix du pain dans ce pays pauvre, mais elle s’est rapidement muée en contestation du président Béchir puis de l’ensemble de son régime.

– Relancer le processus politique –

La réunion sur la Libye abordera, elle, « les moyens de relancer le processus politique ainsi que l’élimination du terrorisme », toujours selon la présidence égyptienne.

Des combats opposent les forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et siégeant à Tripoli, aux troupes du maréchal Haftar aux portes de la capitale libyenne.

Les forces de l’homme fort de l’Est, soutenu notamment par l’Egypte, ont lancé le 4 avril leur offensive sur Tripoli. Plus de 200 personnes dont des civils ont péri dans les violences, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La Libye, pays riche en pétrole, est plongé dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi renversé par une révolte populaire qui a provoqué sa mort.

L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a multiplié les mises en garde contre un « embrasement généralisé », réclamant une réaction urgente de la communauté internationale, pour le moment divisée.


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