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Le Guatemala attend les résultats des élections générales et présidentielle

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Les Guatémaltèques attendent à partir de lundi les résultats des élections générales et du premier tour de la présidentielle, au lendemain d’une journée de vote sans incident grave dans un pays en proie à la corruption, la violence et la misère.

La campagne électorale a été marquée par l’exclusion de la compétition d’une figure de la lutte anticorruption et par des menaces de mort. La journée de vote, quant à elle, a permis l’arrestation à la sortie des urnes d’un ancien général accusé de génocide et recherché depuis huit ans.

Huit millions de Guatémaltèques étaient appelés à élire 160 députés, 340 maires et 20 représentants au Parlement centro-américain. Mais c’est l’élection du chef de l’Etat pour un mandat de cinq ans qui a focalisé l’intérêt du pays.

Des centaines d’électeurs ont fait dès l’ouverture à 7H00 locales (13H00 GMT) calmement la queue devant les bureaux de vote. Ceux-ci ont fermé à 18H00 locales (00H00 GMT). Les résultats définitifs ne devraient pas être connus avant lundi dans la journée.

– « Incidents isolés » –

Quarante mille policiers ont été mobilisés pour assurer la sécurité des bureaux de vote et seuls quelques « incidents isolés » ont émaillé le scrutin, selon le Tribunal suprême électoral.

Le scrutin a notamment été suspendu dans une commune de l’est du pays, où les réseaux de trafiquants de drogue sont très présents, en raison de menaces de mort contre les autorités électorales locales, a indiqué le ministre de l’Intérieur Enrique Degenhart.

L’ancien général Luis Mendoza, accusé de génocide contre des indigènes et recherché par la justice depuis 2011, a été arrêté après avoir voté à Salama (55 km au nord de la capitale Guatemala). Il est accusé d’avoir participé au génocide d’indiens de la communauté mayas-ixiles durant la guerre civile qui a ensanglanté le Guatemala de 1960 à 1996.

Aucun des 19 candidats en lice pour succéder au président sortant Jimmy Morales ne paraissait en mesure d’emporter dimanche 50% des suffrages. Les deux candidats arrivés en tête s’affronteront lors d’un second tour le 11 août.

Alors qu’elle figurait parmi les favoris, Thelma Aldana, une ancienne juge anticorruption et ex-procureure générale, a été évincée début avril par la justice après des plaintes d’adversaires politiques sur de présumés détournements alors qu’elle était à tête du parquet guatémaltèque, de 2014 à 2018.

Pour l’Alliance pour les réformes, qui réunit une quarantaine d’organisations de la société civile, l’exclusion de Thelma Aldana a été décidée « manifestement en représailles des enquêtes pour corruption qu’elle a menées contre le président (Morales), sa famille et des membres de son parti politique ». Une enquête vise notamment le président sortant sur le financement de sa campagne de 2015.


– Climat de violence politique –

Menacée de mort, l’ancienne magistrate s’est d’abord réfugiée au Salvador voisin, avant de fuir aux Etats-Unis.

Autre symptôme du climat de violence politique qui a prévalu tout au long de la campagne, le procureur du tribunal électoral Oscar Schaad a lui aussi quitté le pays « afin d’assurer (sa) sécurité et celle de (sa) famille en raison de menaces précises », quatre jours à peine avant le scrutin.

Les derniers sondages plaçaient en tête la socio-démocrate Sandra Torres, ex-épouse de l’ancien chef de l’Etat Alvaro Colom (2008-2012), dont elle a divorcé en 2011 afin de pouvoir postuler à l’élection présidentielle.

« Je suis optimiste (…) Je serai la première femme présidente » du Guatemala, a-t-elle dit après avoir glissé son bulletin dans l’urne dimanche matin dans un bureau de vote de la capitale.

Selon les enquêtes d’opinion, Mme Torres serait cependant battue au second tour par l’un des concurrents qui la talonnent: Alejandro Giammattei (droite), dont c’est la quatrième candidature, ainsi que, pour certains sondages, par Roberto Arzu, fils de l’ancien président Alvaro Arzu (1996-2000), aujourd’hui décédé.

Alejandro Giammattei a pour sa part critiqué une élection frappée d' »irrégularité » en raison de l’éviction de plusieurs candidats par la justice.

Dans un contexte de corruption endémique, 59% des 17,7 millions de Guatémaltèques vivent dans la pauvreté en dépit d’une économie florissante avec un PIB en progression de 3,1% en 2018.

L’émigration chaque année de plusieurs dizaines de milliers de Guatemaltèques pour fuir violence et misère se poursuit. Les transferts d’argent des quelque 1,5 million d’émigrés aux Etats-Unis sont l’un des principaux moteurs économiques du pays. Ils ont atteint l’année dernière le chiffre record de 9,3 milliards de dollars.



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