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La valse des ministres et conseillers de Trump

Le secrétaire général de la Maison Blanche John Kelly a rejoint samedi la très longue liste de membres ou proches de l’administration Trump qui ont quitté le navire depuis l’entrée en fonction du 45e président américain.

– John Kelly, secrétaire général de la Maison Blanche –

« John Kelly partira à la fin de l’année »: c’est ainsi que Donald Trump a scellé, devant les journalistes, le destin de son plus proche conseiller qui avait rejoint la Maison Blanche le 31 juillet 2017.

Si le président américain assure avoir apprécié les services de son « chief of staff », la rupture semblait consommée depuis plusieurs semaines entre les deux hommes. Le nom de son successeur à ce poste clé de l’administration américaine sera annoncé dans « un jour ou deux », le président républicain n’excluant pas de choisir un conseiller par intérim.

– Jeff Sessions, ministre de la Justice –

Jeff Sessions a démissionné « à la demande » de M. Trump. Il était la cible de critiques présidentielles depuis qu’il avait décidé en mars 2017 de se récuser de toute enquête touchant à la Russie à cause de ses rencontres avec l’ambassadeur russe en pleine campagne présidentielle. MM. Trump et Sessions avaient scellé très tôt une alliance anti-élite, malgré leurs différences. Ancien sénateur de l’Alabama, un Etat encore très marqué par la ségrégation raciale, cet ultra-conservateur de 71 ans avait mis en place la politique anti-immigration du président, notamment la séparation des familles de migrants illégaux.

– Nikki Haley, ambassadrice à l’ONU –

Nikki Haley a annoncé début octobre sa décision de quitter son poste d’ambassadrice à l’ONU à la fin de l’année. Aucune explication claire n’a été fournie sur l’annonce surprise du départ de cette fille d’immigrés indiens au caractère affirmé, devenue la femme la plus en vue du gouvernement. A 46 ans, cette ex-gouverneure de la Caroline du Sud a promis de faire campagne pour la réélection du président en 2020. Donald Trump a annoncé le 7 décembre qu’elle serait remplacée par la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert.

– Scott Pruitt, ministre de l’Environnement –

Donald Trump avait accepté la démission de Scott Pruitt, le 5 juillet. Le dirigeant de l’agence de protection de l’environnement (EPA), qui a minutieusement détricoté le bilan environnemental de Barack Obama, était englué dans une cascade de scandales liés à son train de vie et à son utilisation des fonds publics. Le 16 novembre, le président a laissé entendre qu’il nommerait officiellement à ce poste le ministre par intérim de l’environnement, un ancien lobbyiste des secteurs du charbon et de l’énergie, Andrew Wheeler.


– Rex Tillerson, secrétaire d’Etat –

L’ancien PDG d’ExxonMobil a été limogé de son poste de chef de la diplomatie le 13 mars, après des mois de tensions et d’humiliations de la part de M. Trump sur la stratégie diplomatique américaine, que ce soit sur l’Iran ou la Corée du Nord. Censé porter la parole des Etats-Unis, l’ancien patron était souvent coupé des processus de décision. Il a été remplacé par le chef de la CIA, Mike Pompeo. Vendredi, Donald Trump avait estimé que son ex-chef de la diplomatie était « bête comme ses pieds », une insulte lancée après la diffusion d’extraits d’une interview de Rex Tillerson peu flatteuse pour le président américain.

– Gary Cohn, conseiller économique –

Cet ancien patron de la banque d’investissement Goldman Sachs a quitté son poste de conseiller économique principal du président le 6 mars pour protester contre la décision du dirigeant d’imposer de nouveaux droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium, ultime goutte d’eau après plusieurs désaccords de fond entre lui et M. Trump.

– Steve Bannon, stratège –

Le « président Bannon », comme était surnommé ce conseiller de l’ombre très influent, a joué un rôle crucial dans la dernière ligne droite de la présidentielle remportée par Donald Trump, lorsqu’il a donné un virage résolument populiste à la campagne du milliardaire.

Proche de l’extrême droite, sa cohabitation avec d’autres ténors à la Maison Blanche a tourné à la guerre interne mais, même déchu, il a assuré qu’il continuerait à se battre « pour Trump ». Il a démissionné le 18 août 2017 après 210 jours à son poste.

– Michael Flynn et H.R. McMaster, Sécurité nationale

Michael Flynn n’a tenu que 22 jours comme conseiller à la Sécurité nationale. Ancien chef du renseignement militaire américain très apprécié de Donald Trump, il a fait les frais, le 13 février 2017, de l’affaire russe, dont il est l’un des principaux protagonistes. Il avait été remplacé par H.R. McMaster, général trois étoiles qui a à son tour quitté ses fonctions après plusieurs mois passés dans une position très affaiblie. Il a été remplacé par le très conservateur John Bolton.

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