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La fin d’une gigantesque arnaque commentée par les journaux camerounais

La suspension, en fin de semaine dernière par le gouvernement, des activités de la Mission d’intégration et de développement pour l’Afrique (MIDA) passionne les journaux camerounais parus lundi.«La MIDA s’apprêtait à organiser une insurrection», «MIDA Cameroun : les souscripteurs veulent mettre le feu à Yaoundé», «La 7ème vague de MIDA emporte 12.000 associations», titrent respectivement InfoMatin, La Nouvelle et Le Quotidien de l’Économie (LQE).

Pour leur part, Défis Actuels et L’Anecdote affichent : «Arnaque : qui va rembourser l’argent des victimes ?», «Affaire MIDA : l’État tente de désamorcer la bombe», «Affaire MIDA : Paul Biya désamorce une crise».

Toujours sur le même, ont peut lire ces manchettes : «Affaire MIDA : Paul Biya sauve les souscripteurs» (L’essentiel) , «Suspension de la MIDA : le gouvernement remboursera les adhérents» (Cameroon Tribune (CT), «Indemnisation des victimes de la MIDA : le gouvernement prend tout en charge» (La Voix du Centre) et «Escroquerie de la MIDA : l’État s’engage à rembourser» (Le Messager).

Reprenant à son compte la version des faits du gouvernement, Info Matin dénonce une nébuleuse ayant réussi à enrôler 80.000 jeunes oisifs en leur faisant miroiter la vie facile, à travers une prétendue formation au secourisme, alors qu’il s’agissait d’une initiation au métier des armes. Les promoteurs du mouvement ont déjà réussi à former 200 officiers appelés à muter en milices le moment venu et à organiser un mouvement insurrectionnel destiné à renverser les institutions de la République.

«Des jeunes hommes et femmes effectuant des exercices militaires de jour comme de nuit, une foule de personnes exécutant des ablutions ou apprenant des gestes de survie sous les ordres d’un instructeur étaient, renchérit CT, quelques activités suspectes que le gouvernement vient de mettre au grand jour.

Ici, étaye la publication, des jeunes, attirés pour certains par la curiosité mais pour la majorité par l’appât du gain rapide, ont été recrutés pour subir des formations de type militaire ou paramilitaire et, forts de leur succès grandissant, les responsables de MIDA avaient en prévision, l’ouverture d’un établissement financier et même d’une chaîne de télévision «Diplomatik TV», aux fins d’étendre leur aura.

«Le mécanisme de la MIDA, décrit Le Messager, consistait à collecter auprès des adhérents la somme de 12.000 FCFA, pour leur rétrocéder, après un séminaire de sept jours, une alléchante somme de 70.000 FCFA.»

Dans un long reportage sur les lieux où la fameuse organisation humanitaire avait son quartier général à Yaoundé, la capitale, La Nouvelle décrit le désarroi de centaines de personnes qui font le siège, guettant désespérément l’apparition d’un des gourous de ce qui apparaît finalement comme une secte maléfique pour exiger de rentrer dans leur dû.

Alors qu’ils attendaient le paiement des gros intérêts promis, des milliers de jeunes, relate LQE, ont été surpris par la mesure du préfet du département du Mfoundi, Jean Claude Tsila, décidant de la suspension des activités de ce qui se présentait déjà comme une manne financière inespérée.


«Nous n’avons pas de problème d’argent à rembourser, mais davantage de posture à adopter face à la meute qui réclame son dû et que nous ne pouvons désintéresser, parce que suspendus», a expliqué à InfoMatin un des promoteurs de la MIDA.

L’urgence était signalée, commente Le Messager : le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, n’a pas attendu le début de cette semaine pour apaiser les victimes du mouvement.

Face au désarroi des victimes, jeunes pour la majorité d’entre elles, le président de la République, selon L’Essentiel, a décidé de suspendre les activités de la MIDA, tout en instruisant aussitôt le gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires à l’effet de procéder au remboursement intégral des sommes extorquées par cette organisation.

A l’écoute des assurances du gouvernement, les séminaristes de la MIDA, selon Mutations, sont partagés entre soulagement, déception et inquiétude : soulagement parce qu’ils ont enfin une information claire donnée par voie officielle, déception parce que beaucoup avaient misé de fortes sommes d’argent avec le rêve de toucher de confortables bonus, mais l’inquiétude persiste dans la mesure où le processus de rétrocession des fonds n’est pas précisé.

«Le gouvernement, répond en écho Défis Actuels, s’est engagé pour l’indemnisation des personnes escroquées, mais sans pour autant dire d’où proviendront les fonds destinés à cette opération.»

Au vu de la gravité des accusations, les responsables de la MIDA, selon InfoMatin, devraient rapidement être traduits devant le tribunal militaire de Yaoundé où ils auront à répondre de leurs actes.

Des poursuites judiciaires sont effectivement engagées contre lesdits promoteurs, acquiesce L’Anecdote, qui publie par ailleurs la liste des «escrocs de grand chemin».



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