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La diversité s’affiche en couverture des journaux camerounais

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La crise anglophone continue de préoccuper les journaux camerounais parus vendredi, avec une incursion remarquée dans les sphères du social, de l’économie ou encore des infrastructures.La barbarie, dans le conflit sécessionniste des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, est montée d’un cran ces dernières semaines avec ce que le quotidien à capitaux privés Mutations qualifie de «spectacle des têtes coupées», des crimes par décapitation qui se banalisent, dont on exhibe les parties supérieures du corps sur les réseaux sociaux et sur la place publique comme des trophées de guerre.

Dans un communiqué dont se fait l’écho The Guardian Post, le syndicat des enseignants anglophones (Cattu) dit sa totale indignation, face aux attaques perpétrées contre les dispensateurs du savoir et dont l’un des membres, justement, a été égorgé en début de semaine à Bamenda (Nord-Ouest).

Depuis le début de conflit, en octobre 2016, les organisations de défense des droits de l’homme, dont les constats sont relayés par ce même quotidien de langue anglaise, ont recensé pas moins de 206 villages rasés en zone de conflit, la responsabilité de ces actes étant attribuée à la fois à l’armée régulière et aux milices séparatistes.

Ce qui est plus choquant encore, renchérit Le Jour, c’est ce «regard distant des Africains» face au drame, le principe de non ingérence faisant foi pour limiter les interventions à de simples déclarations n’ayant aucune incidence sur le théâtre des opérations.

«Qu’il s’agisse de l’Union africaine ou de ses États membres qui se disent amis du Cameroun, on peut convenir que laisser la crise perdurer, c’est prendre le risque de voir son aggravation et même son suintement, sur les pays voisins», met en garde l’historien et analyste politique Ahmadou Sehou.

C’est dans ce contexte d’incertitudes que le gouvernement, s’insurge Émergence, trouve le moyen de se donner en spectacle à travers le Premier ministre, Dion Ngute et le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, qui affichent des positions antinomiques quant aux discussions annoncées par le président Paul Biya sur la forme de l’État, remettant fortement en cause la volonté du pouvoir d’instaurer un dialogue sincère et inclusif de sortie de crise.

Le temps joue contre le sommet du pays, constate The Guardian Post, invitant l’exécutif à prendre d’urgence des mesures de confiance afin de stopper la violence, les morts, les réfugiés et les déplacés internes.


La polémique sur le sujet s’est transportée la veille en Conseil de cabinet, organe de coordination de l’action gouvernementale pendant lequel, selon Essingan, le chef du gouvernement a tenu à mettre le patron de l’Intérieur à sa place, lui rappelant le principe de la solidarité gouvernementale et l’invitant à la mesure.

Ce que le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, lui, retient de ces assises de l’exécutif est l’ouverture d’une réflexion sur la maîtrise des dépenses d’investissement dans le secteur névralgique du réseau routier national.

L’une des mesures de cette approche, répondent en écho Émergence et Le Quotidien de l’Économie, est le projet de mise sur pied d’une usine locale de production du bitume, qui s’il aboutissait impacterait positivement sur les coûts finaux des infrastructures.

À fond sur le social, L’œil du Sahel se penche sur la hausse du prix du kilogramme de viande de bœuf sur le marché, en cette période de ramadan pour la communauté musulmane : entre 200 et 300 FCFA de renchérissement dans les marchés de la capitale, Yaoundé, du fait de la demande devenue supérieure à l’offre.

«Actuellement, c’est le jeûne du ramadan qui conditionne le prix de la viande de bœuf sur le marché, explique Saliou, un boucher dans les colonnes du tri-hebdomadaire régional. Plus la demande est élevée, plus les enchères grimpent. Et ces prix varient d’un marché à l’autre. Pour dire qu’il n’y a pas de prix standard.»


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