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Gestion des maladies non transmissibles : le Sénégal confronté au triple fardeau nutritionnel (acteur)

Le Sénégal, dans le cadre de sa lutte contre les maladies non transmissibles responsables (MNT), en 2017, de 42% des décès enregistrés sur son territoire, est confronté au phénomène du triple fardeau nutritionnel, avec la persistance, à la fois, de la sous-nutrition, des carences en micronutriments et de la surnutrition, a déclaré, mercredi à Dakar, le Directeur exécutif du Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES).S’exprimant au cours de l’atelier de lancement du projet « Prévenir et réduire l’ampleur des maladies non transmissibles par une alimentation saine au Sénégal », Professeur Abdoulaye Diagne, citant des enquêtes réalisées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie en 2015 et portant sur les facteurs de risque des MNT, informe que « 24% de la population sénégalaise est hypertendue ».

Le surpoids y atteint 5,3% des garçons adolescents contre 12,9% des filles, tandis que 16,1% des adultes hommes sont en surpoids contre 23,6% d’adultes femmes. De même, l’obésité touche 4,1% d’adultes hommes alors qu’elle concerne 13,5% d’adultes femmes. Les mesures de glycémie ont, quant à elles, montré que 2,1% de la population est diabétique.

Le directeur exécutif du CRES, a par ailleurs soutenu que les mêmes études de l’ANSD, ont montré que la consommation de fruits et légumes par les Sénégalais est insuffisante atteignant seulement 3,5 portions alors qu’elle aurait dû être de 5 portions par jour et par personne.

Au-delà de ces facteurs précités, souligne le Professeur Abdoulaye Diagne, le Sénégal est confronté aussi à d’autres formes de malnutrition persistantes avec des prévalences relativement importantes.

« En 2015, alors que le retard de croissance (mal nutrition chronique) frappait 21% des enfants, l’émaciation (malnutrition aigüe) et l’insuffisance pondérale touchait respectivement 8% et 16% des enfants du même groupe d’âge. Par ailleurs, les carences en micronutriments d’origine alimentaire persistent encore à des taux élevés, plus particulièrement, l’anémie par carence en fer. La carence en vitamine A chez les enfants de moins de cinq ans, se situe à plus de 66% en 2015 », a-t-il expliqué.


Partant de ces constats, il soutient que le Sénégal doit à la fois combattre la sous-alimentation et faire reculer fortement la prévalence des facteurs de risque des MNT imputables au système alimentaire.

Et c’est dans ce cadre que s’inscrit ce projet du CRES financé à hauteur de 700 000 dollars canadiens, soit un peu de 300 millions de FCFA, par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI).

Une étude consacrée aux habitudes alimentaires des Sénégalais sera menée sur le plan national afin de produire une masse critique de données probantes sur les facteurs de risque des MNT attribuables au système alimentaire sénégalais et, sur la base de ces évidences, appuyer la définition de politiques publiques pour un accès universel à une alimentation saine.



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