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Elections européennes: au tour de l’Irlande et de la République tchèque

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L’Irlande et de la République tchèque entrent vendredi en scène pour le deuxième jour des élections européennes qui attisent les ambitions des populistes à travers le continent, et se dérouleront, côté irlandais, dans un climat d’inquiétude lié au Brexit.

Les yeux de toute l’Europe seront d’ailleurs aussi tournés vendredi vers le Royaume-Uni, où la Première ministre conservatrice Theresa May, usée par l’interminable saga du Brexit, semble plus que jamais proche de la sortie après une nouvelle démission mercredi au sein de son gouvernement.

Le Royaume-Uni, ainsi que les pays-Bas, ont lancé jeudi le vote. Samedi, ce sera au tour de la Lettonie, de Malte et de la Slovaquie, les autres pays de l’UE se prononçant dimanche.

Au total, plus de 400 millions d’électeurs sont appelés à voter dans 28 pays pour élire 751 députés européens. Les résultats officiels seront publiés dimanche soir, après la clôture du scrutin à travers le continent.

Un envol des mouvements nationalistes et populistes est attendu lors du scrutin qui devrait voir les deux groupes les plus importants au Parlement européen perdre du terrain, le Parti populaire européen (PPE), groupe de la droite pro-européenne, et le Parti socialiste européen (PSE).

D’après les derniers sondages, le Rassemblement national de Marine Le Pen (extrême droite) devance La République en Marche du président Emmanuel Macron en France, tandis qu’en Italie la Ligue de Matteo Salvini fait la course en tête avec un discours anti-UE.

Aux Pays-Bas toutefois, les travaillistes néerlandais (PvdA) ont déjoué les pronostics et devancé jeudi les libéraux (VVD) et les populistes (FvD) — dont les sondages et les analystes annonçaient la victoire –, selon les premières estimations Ipsos pour la télévision publique NOS. Avec 11% des suffrages, le Forum de la démocratie (FvD) du populiste eurosceptique Thierry Baudet ne devrait remporter que trois sièges des 26 sièges alloués aux Pays-Bas.

– May vers la sortie –

Au Royaume-Uni, c’est le Parti du Brexit du sulfureux Nigel Farage, partisan d’une rupture sans concession avec Bruxelles, qui caracole en tête des sondages, porté par la lassitude et la frustration des électeurs devant les atermoiements sur le Brexit.

Le pays devait quitter le giron de l’UE le 29 mars, mais, faute d’avoir obtenu le soutien des députés, Theresa May a dû reporter la date du divorce, désormais fixée au 31 octobre au plus tard, et organiser en catastrophe les élections européennes.

En plein crise d’autorité, Mme May a également dû repousser à une date indéterminée le vote de son plan de la « dernière chance » sur le Brexit et faisait face à des appels à la démission au sein de son Parti conservateur.

Suivi dans tous les pays européens, ce feuilleton intéresse tout particulièrement les Irlandais, dont le Royaume-Uni est le plus proche partenaire commercial, et qui craignent le retour d’une frontière physique avec l’Irlande du Nord, province britannique, en cas de Brexit dur.


Les bureaux de vote du pays ouvriront à 07h00 (06h00 GMT). La plupart des principaux partis politiques irlandais se sont fortement mobilisés pour renforcer la place de leur pays dans l’avenir du projet européen, une manière d’atténuer les conséquences pour l’économie irlandaise du Brexit.

Actuellement douze au Parlement, les eurodéputés irlandais gagnent lors de ces élections deux nouveaux sièges, récupérés parmi les places censées être laissées vacantes prochainement par les Britanniques. Les Irlandais ne pourront occuper ces deux sièges que lorsque le Royaume-Uni aura effectivement quitté l’UE.

Les Irlandais sont aussi appelés vendredi à se prononcer, par référendum, sur la modernisation du divorce dans leur pays, où un vent de changement et d’ouverture a balayé ces dernières années une tradition catholique enracinée.

– Rép. tchèque: les populistes favoris –

En République tchèque, seul pays où le scrutin est étalé sur deux jours, les bureaux de vote ouvriront vendredi à 14H00 (12H00 GMT) et samedi à 08H00 (06H00 GMT). Le mouvement populiste ANO du Premier ministre tchèque, le milliardaire Andrej Babis, part favori malgré une vague de protestations antigouvernementales dans ce pays membre de l’UE depuis 2004.

Des dizaines de milliers de Tchèques sont sortis récemment dans la rue pour exiger sa démission et celle de sa nouvelle ministre de la Justice, soupçonnée de vouloir freiner les poursuites contre lui.

Inculpé pour fraude présumée aux subventions européennes, M. Babis, 64 ans, fait également objet d’une enquête de l’UE sur un possible conflit d’intérêt entre ses activités politiques et ses affaires.

Toutefois, ANO remporterait les élections européennes avec plus de 25% des voix devant le parti de droite ODS et le Parti pirate (14% chacun), selon un sondage de l’institut Median auprès plus de 2.100 personnes.

« Andrej Babis a besoin d’une nouvelle victoire, pour des raisons psychologiques », estime l’analyste politique de l’Université Charles à Prague, Josef Mlejnek, interrogé par l’AFP. Un nouveau succès permettrait au Premier ministre de minimiser les protestations.

Comme lors du précédent scrutin européen — 18,2% en 2014 –, un faible taux de participation est attendu en République tchèque, ce qui risque de nuire au parti anti-européen SPD dirigé par le député Tomio Okamura, partisan d’un « Czexit », crédité de 10% des intentions de vote.



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