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Elections en Grèce: cinq choses à savoir

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Voici cinq choses à savoir sur la Grèce, où se déroulent dimanche des élections législatives anticipées.

– Une abstention forte malgré le vote obligatoire

C’est la troisième fois en un mois et demi que les Grecs vont aux urnes, après les européennes et les élections locales. En Grèce, le vote est obligatoire dès 17 ans — 600.000 nouveaux électeurs sont attendus dimanche.

Une peine de prison est théoriquement prévue si on ne vote pas, mais elle n’a jamais été appliquée. Et faute de réelle sanction, l’abstention n’a cessé de progresser depuis la fin de la dictature des colonels en 1974 (18,5%) pour atteindre un sommet de 58% au second tour des régionales du 2 juin.

– L’alternance mais avec quelle majorité?

Dans un régime parlementaire, où le Premier ministre occupe le poste clé et le président une fonction protocolaire, la loi électorale en vigueur offre au parti qui arrive en tête un bonus de 50 sièges à la Vouli, le parlement monocaméral grec qui compte 300 députés. Les 250 sièges restant sont attribués à la proportionnelle avec un seuil de 3% des voix pour décrocher un siège.

Si le principal parti d’opposition, Nouvelle Démocratie (ND, droite), est donné gagnant par les sondages, et si son chef Kyriakos Mitsotakis est quasiment assuré d’être le prochain locataire du palais Maximou (résidence officielle du Premier ministre), il n’est pas sûr de réunir la majorité absolue (151 sièges, 40,4% des suffrages exprimés).

En cas d’échec, il lui faudra nouer des alliances pour pouvoir former un gouvernement fort, face au parti du Premier ministre sortant Syriza (gauche), dont la lourde sanction aux européennes devrait se confirmer. La coalition la plus probable, selon les analystes, devrait réunir ND et le parti socialiste Kinal (ex-Pasok), qui malgré sa proximité idéologique avec Syriza alimente une animosité historique avec le parti du Premier ministre.

– La résistance du parti communiste

Avec 15 sièges sur 300 dans l’Assemblée sortante, le parti communiste grec (KKE), cinquième formation à la Vouli, a plutôt bien résisté aux dernières européennes, avec plus de 5% des voix, un score qu’il réédite au fil des scrutins depuis 2007.


Son candidat Kostas Peletidi a été réélu le 2 juin maire de Patras, la quatrième ville du pays (168.000 habitants), avec plus de 70% des suffrages. Mais le KKE a exclu toute alliance avec Syriza, comme il l’avait fait déjà en 2012.

– La recomposition de l’extrême droite

Certes, le parti néonazi Aube Dorée, dont le chef Nikos Michalokiakos et plusieurs membres clé comparaissent depuis quatre ans pour meurtre et constitution d’organisation criminelle dans un procès fleuve, a incontestablement perdu du terrain sur la scène politique grecque (-4,3 points aux Européennes)… mais pour mieux alimenter les rangs d’un nouveau venu.

Parti ultra-nationaliste prorusse, la Solution Grecque, dirigé par l’ancien journaliste Kyriakos Velopoulos, a profité d’un phénomène de vases communicants, réunissant 4,18% des suffrages, en bénéficiant de son opposition farouche à l’accord controversé sur le nouveau nom de la Macédoine du Nord.

Tous partis confondus, l’extrême droite en Grèce reste donc à environ 9% des suffrages, au même niveau qu’aux européennes de 2014.

– La crise en héritage

La Grèce reste convalescente après la crise de la dette qui a plongé le pays dans une profonde récession pendant six ans. Elle est sortie des programmes d’aide en août dernier après avoir renoué avec la croissance en 2017. Toutefois, la dette publique est restée supérieure à 180% du PIB en 2018, contraignant les créanciers, UE et FMI, à maintenir la Grèce sous surveillance stricte.

Lourdement impactée par une fiscalité galopante, la population grecque est l’une des plus taxées d’Europe, avec une imposition qui touche les plus bas revenus, une TVA à 24% et une taxe foncière parmi les quatre plus lourdes de l’UE.

Quant au chômage, la Grèce reste le champion d’Europe, avec le taux le plus élevé de l’UE à 18% et à 40% chez les jeunes.



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