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Cedeao : la monnaie Eco devient +réalité+, après 20 ans de gestation

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La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui compte 15 membres, a dévoilé la feuille de route finale pour la mise ne place d’un régime de monnaie unique d’ici janvier 2020.Lors de la session ordinaire du bloc régional à Abuja, la CEDEAO a approuvé Eco comme nom de la monnaie unique.

L’Eco, similaire à l’Euro de l’Union européenne (UE), s’il est adopté en tant que monnaie unique, sera une réalisation qui s’ajouterait à la libre circulation des personnes à travers les frontières au fil des ans sans aucune obligation de visa ou parfois sans passeport, autre que toute identification valable.

Aujourd’hui et depuis de nombreuses années, les pays de la CEDEAO ont le même passeport international avec les pays d’affectation indiqués au dos du document. Il s’agit d’un jalon important.

Cependant, les marchandises circulent, mais avec beaucoup de restrictions, ce qui porte atteinte aux règles mises en place par les pays en violation de l’accord de la CEDEAO, qui permet la circulation sans droits de douane.

L’accord du 29 juin 2019 signé lors de la 55ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO à Abuja sur l’Eco, une idée de monnaie commune au four depuis 20 ans, pourrait être un coup d’arrêt aux perturbations commerciales.

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou a également été élu président de la CEDEAO pour accélérer la réalisation de l’objectif de 2020 pour ce cours légal unique.

Issoufou est l’un des présidents des huit pays francophones de la CEDEAO qui ont eu une monnaie unique, le Franc CFA ouest-africain et pourrait être un bon moteur du processus sous-régional.

Le Franc CFA existe déjà pour faciliter l’intégration économique entre les pays qui l’utilisent, mais les pays anglophones ont dû reporter à quatre reprises depuis 2004, les efforts pour réaliser la même initiative.

M. Mustapha Suleiman, secrétaire permanent du ministère nigérian des Affaires étrangères, a déclaré que la session a chargé la Commission de la CEDEAO de travailler avec l’Institut monétaire ouest-africain et les banques centrales pour accélérer la mise en œuvre de la feuille de route révisée concernant le symbole de la monnaie unique.

Ceci intervient alors que le 7 juillet 2019 a été fixé comme la date limite pour l’entrée en vigueur de la Zone continentale de libre-échange pour l’Afrique (ZLECA) conçue pour créer un marché continental unique pour les biens et les services, avec la libre circulation des personnes et des investissements, ainsi que le développement significatif du commerce intra-africain.

« La monnaie unique peut aider à résoudre les problèmes monétaires de l’Afrique de l’Ouest, à renforcer la confiance des investisseurs et à promouvoir le commerce dans la sous-région », a déclaré le président nigérian, Muhammadu Buhari, qui a accueilli la session, après avoir promis de signer l’accord de la ZLECA après un décalage.

Malgré les écueils notables, notamment la détermination du taux de change, le remboursement de la dette et la perturbation des traités internationaux des pays, le président nigérien Mahamadou Issoufou a déclaré qu’il existe une « volonté politique réelle et ferme » d’intensifier les efforts avant l’échéance prévue en janvier 2020.


« Nous sommes d’avis que les pays qui sont prêts lanceront la monnaie unique et que les pays qui ne sont pas prêts rejoindront le programme plus tard lorsqu’ils auront rempli tous les critères », a expliqué le président Issoufou.

Selon ces critères, les banques centrales de chaque pays assureront « un financement par emprunt inférieur à 10% des recettes fiscales de l’année précédente, une inflation à un chiffre inférieur ou égal à 5%, la consolidation d’une union douanière, une couverture des importations par les réserves extérieures brutes pendant au moins trois mois et la libéralisation et la promotion du commerce régional.

M. Eze Onyekpere, directeur du Centre pour la justice sociale à Abuja, s’est dit sceptique quant à la possibilité que la monnaie unique devienne une réalité dans un proche avenir.

« Aujourd’hui encore, on a l’impression que les Nigérians veulent s’accrocher au naira, les Ghanéens au cedi et les pays francophones au CFA. Il y a d’autres raisons d’être sceptique, surtout au Nigéria, qui utilise le naira. Les pays d’Afrique de l’Ouest sont très différents. Les entrepreneurs nigérians sont très dynamiques. Ils ne veulent rien qui puisse nuire à leur production », a-t-il déclaré.

Mais le professeur Abdulgafar Ijaiye du Département d’économie de l’Université d’Ilorin a déclaré : « Si nous suivons le principe de l’intégration économique, je ne vois rien de mal à cela. D’autres pays l’ont fait, généralement ceux d’Europe ».

« Le plus grand avantage de la monnaie unique, c’est qu’elle facilite les transactions transfrontalières. Si nous avons une monnaie unique, je peux me rendre au Ghana et dans d’autres pays adhérents sans avoir à me rendre dans un bureau de change pour chercher la monnaie du pays dans lequel je veux faire des affaires », a dit l’universitaire.

De son côté, Gboyega Isiaka, comptable agréé et analyste financier a soutenu que ce n’est pas une mauvaise idée pour les pays d’Afrique de l’Ouest d’avoir une monnaie unique. « Ce dont nous parlons ici, a-t-il indiqué, c’est de la possibilité d’avoir une économie plus vaste pour commercer sans barrières monétaires. L’essentiel, c’est que nous n’avons plus à nous soucier du change de devises ».

David Aworawo du Département d’histoire et d’études stratégiques de l’Université de Lagos a quant à lui déclaré : « Je n’appuie pas l’abandon de notre naira parce que c’est notre symbole de souveraineté. Je pense que notre naira et la monnaie de la CEDEAO peuvent circuler en même temps ».

De l’avis du Chef de l’Unité Nationale de la CEDEAO au ministère des Affaires étrangères du Nigeria, Musa Nuhu a assuré aux Nigérians que la question serait traitée par les technocrates, en particulier les banques centrales.

« Parce que lorsque nous parlons de monnaie, vous parlez de la ligne de vie d’un pays, vous parlez du rythme cardiaque d’un pays, parce que c’est quelque chose qui a à voir avec les politiques fiscales et monétaires », a-t-il souligné.



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