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CAN-2019: Dupuis, tout lui réussit

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Le meilleur ami du petit Poucet: l’entraîneur Nicolas Dupuis a mené la surprenante équipe de Madagascar, novice dans la compétition, en quarts de la CAN, un nouveau chapitre dans le roman des exploits du Français.

Avant le Nigeria (2-0) et la RD Congo (2-2 a.p., 4-2 aux t.a.b.), terrassés en Egypte par des Zébus en folie, il y a eu Lorient. En quatrième division avec Yzeure, le coach a fait chuter en 2014 le club breton, alors en Ligue 1, en 32es de finale de la Coupe de France.

Avec un 8e et quatre 16es dans la doyenne des compétitions, il a placé sur la carte du foot la ville auvergnate, qu’il a hissée en 20 ans du troisième niveau régional au National.

Avec Madagascar, Dupuis a rejoué la même chanson: il a conduit le pays vers sa première CAN, son premier but dans le tournoi, sa première victoire… et la première place de son groupe, avant d’éliminer les Congolais pour disputer son premier quart face à la Tunisie, jeudi au Caire.

« Les joueurs malgaches ont été grands. Le rêve éveillé continue », a lâché le quinquagénaire (51 ans).

Il y a quelques mois, il en était encore à préparer son coup loin de la Grande île ou des pyramides, à Fleury, au sud de Paris. Le coach a la particularité de porter deux casquettes, celles des Zébus et du club de banlieue qui évolue au quatrième échelon, un cas unique parmi les sélectionneurs de la CAN.

« C’est le grand écart. C’est assez particulier », avait admis à l’AFP le technicien en février. « Mais les choses sont claires avec le président (de Fleury, Pascal) Bovis: c’est Madagascar en priorité. »


– Système D –

« Il fait beaucoup avec peu de moyens », l’a décrit le dirigeant qui a appelé Dupuis en cours de saison pour assurer un maintien alors mal embarqué mais finalement validé.

Mission maintien, mission CAN, Dupuis s’est fait une spécialité de prospérer là où ses chances ne sont pas les plus élevées. A « Mada », où il a été nommé en 2016, il compose avec une Fédération sans président depuis 2017, des moyens logistiques et techniques limités qui le contraignent au système D, à aller chercher lui-même des sponsors et des joueurs binationaux pour renforcer son effectif.

« Si je m’arrête à mon rôle d’entraîneur, on n’avancera pas. Si je ne pars pas chez un partenaire privé, personne n’ira. Mais moi tout seul, je ne peux pas tout faire. Il y a aussi les joueurs qui sont à fond derrière moi », a-t-il expliqué, en référence au travail mené en tandem avec le capitaine Faneva Ima Andriatsima pour vendre des maillots et financer la sélection.

« Je tire la sonnette d’alarme, aujourd’hui l’équipe nationale est l’arbre qui cache la forêt. Si on ne se remet pas au travail (à la Fédération), alors dans deux ans il n’y aura plus d’équipe, dans quatre ans encore moins… Mon rôle est de tirer la sonnette d’alarme et dire aux responsables, attention il y a beaucoup de choses à changer à Madagascar », a-t-il déclaré à l’AFP avant l’exploit face à la RD Congo.

En attendant que ça change, il a déjà fait évoluer les regards sur le pays, et sur son travail, passé à la lumière: « Ma priorité et ma concentration vont à Madagascar pour le moment. Pour la suite, on verra après. » Il y a d’abord un quart de finale face à la Tunisie, une nouvelle occasion de briller comme Petit Poucet.


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