International › AFP

Brésil: propos ambigus de Bolsonaro sur l’armée et la démocratie

Pas d'image

Le président brésilien Jair Bolsonaro a affirmé que « la démocratie et la liberté n’exist(ai)ent que si les forces armées le veulent », des propos rapidement nuancés par son vice-président, un général de la réserve.

Ces déclarations ambiguës et sujettes à controverse de la part d’un chef de l’Etat qui fait constamment l’éloge de la dictature militaire (1964-1985) ont été faites au cours d’une cérémonie officielle des fusiliers marins à Rio de Janeiro.

Jair Bolsonaro, 63 ans, lui-même ancien capitaine de l’armée, a déclaré qu’il comptait gouverner « avec ceux qui aiment la patrie, qui respectent la famille et veulent se rapprocher de pays à l’idéologie semblable à la nôtre, qui aiment la démocratie et la liberté ».

« La démocratie et la liberté n’existent que si les forces armées le veulent », a-t-il poursuivi.

Face à l’inquiétude suscitée par ces propos qui semblent indiquer que l’armée serait au-dessus des valeurs démocratiques, le vice-président Hamilton Mourao a tenu à expliquer quelques heures plus tard à Brasilia que les propos de M. Bolsonaro avaient été « mal interprétés ».

« Le président a dit que quand l’armée n’est pas engagée en faveur de la démocratie et de la liberté, ces valeurs meurent. C’est ce qui se passe au Venezuela (…) C’est ça qu’il a voulu dire », a expliqué M. Mourao.


Plus tard, un ministre influent est également venu à la rescousse de M. Bolsonaro, aux côtés du président lui-même lors d’une retransmission en direct sur Facebook. « On a essayé de déformer [les propos du président] comme si [la démocratie et la liberté] étaient un cadeau des militaires aux civils, ce n’est pas du tout cela », a dit Augusto Heleno, le ministre du Cabinet de Sécurité institutionnelle.

« Les forces armées sont par disposition constitutionnelle et légal celle qui détiennent l’emploi légal de la violence. Cela peut en choquer certains, mais c’est ce qui est écrit », a ajouté le ministre, souvent considéré comme l’éminence grise du nouveau pouvoir.

Le vice-président Mourao, lui, est considéré comme une des figures les plus modérées du gouvernement d’extrême droite en place depuis janvier, qui compte huit militaires sur 22 ministres, et est souvent amené à tempérer certains discours radicaux de Jair Bolsonaro ou de ses ministres.

Le gouvernement Bolsonaro s’efforce de nouer des liens plus étroits avec des pays qu’il considère avoir une « idéologie semblable », comme les Etats-Unis, l’Italie et Israël, rompant avec la tradition de multilatéralisme de la diplomatie brésilienne.

Le Brésil est également un des premiers pays à avoir reconnu publiquement l’opposant Juan Guaido président par intérim du Venezuela, condamnant avec véhémence la « dictature » de Nicolas Maduro.

À LA UNE
Retour en haut