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Brésil: la chute des trois précédents présidents

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L’ancien président du Brésil Michel Temer, arrêté jeudi dans le cadre d’une enquête anticorruption, est le troisième ancien chef de l’Etat consécutif à tomber en disgrâce dans le pays.

– Lula en prison –

Le 12 juillet 2017, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), premier chef d’Etat brésilien issu de la classe ouvrière, est condamné à neuf ans et six mois de prison pour corruption et blanchiment d’argent, pour avoir reçu un appartement en bord de mer de la part d’une entreprise de bâtiment en échange de faveurs.

Le 24 janvier 2018, sa peine est alourdie en appel à 12 ans et un mois de prison.

Le 7 avril, alors qu’il est donné favori pour la présidentielle d’octobre, il passe sa première journée en prison à Curitiba (sud), espérant alors sortir rapidement grâce à une série de recours.

Le 4 août, le Parti des travailleurs (PT) officialise sa candidature présidentielle, invalidée à la fin du mois par le Tribunal supérieur électoral (TSE).

Le 6 février 2019, il est condamné à 12 ans et 11 mois de réclusion pour corruption et blanchiment dans une autre affaire, peine qui s’ajoute à celle qu’il purge déjà.

Mis en cause dans une demi-douzaine d’autres dossiers, il se dit victime d’un complot pour l’empêcher de revenir au pouvoir.

– Dilma Rousseff destituée –

La dauphine de Lula, Dilma Rousseff, candidate du PT, devient en 2010 la première femme élue présidente du Brésil. Elle est réélue en 2014.

Accusée d’avoir maquillé les comptes publics, elle est écartée du pouvoir le 12 mai 2016 par le Parlement, qui approuve le début d’une procédure de destitution controversée. Elle dénonce « un coup d’Etat institutionnel »

Le 31 août, le Sénat entérine sa destitution. Le vice-président Michel Temer, du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre droit), termine le mandat présidentiel, achevé fin 2018.


La chute de Mme Rousseff a été précédée par une rafale d’accusations de corruption contre son parti, entraînant des manifestations massives.

Le 19 octobre 2016, l’ex-président de la Chambre des députés Eduardo Cunha (PMDB), considéré comme l’un des principaux artisans de la destitution de Mme Rousseff, est arrêté pour son implication dans le scandale de détournement de fonds de Petrobras, le groupe public pétrolier. Il sera condamné à 15 ans et quatre mois de prison.

Mme Roussef n’a pas fait l’objet de poursuites.

– Michel Temer arrêté –

Le 17 mai 2017, le quotidien O Globo révèle l’existence d’un enregistrement compromettant dans lequel M. Temer semble donner son accord à Joesley Batista, patron du géant de la viande JBS, pour le versement de pots-de-vin.

Le 26 juin, le procureur général Rodrigo Janot présente une demande de mise en accusation formelle à son encontre pour corruption passive, procédure inédite pour un président en exercice.

Michel Temer sauve son mandat à deux reprises, obtenant le 2 août puis le 25 octobre des votes des députés lui permettant d’échapper à un procès.

Le 14 septembre, le parquet l’accuse cette fois d' »obstruction à la justice et participation à une organisation criminelle ».

En mai 2018, devenu très impopulaire, il renonce à se présenter à la présidentielle d’octobre, qui sera remportée par le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro.

Jeudi, il a été arrêté dans le cadre de l’enquête anticorruption Lava Jato (Lavage express) lancée il y a cinq ans autour de Petrobras, pour une affaire touchant à des détournements de fonds autour de travaux de génie dans une centrale nucléaire.

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