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Bolivie: les mutineries s’étendent, appel du pouvoir à manifester à La Paz

La Bolivie était sous haute tension samedi: les mutineries policières s’étendent et le parti au pouvoir a appelé les Boliviens à occuper les rues de La Paz pour défendre la réélection contestée du président Evo Morales.

Dix-sept jours après le début des manifestations contre la réélection de M. Morales, trois unités de la police se sont d’abord mutinées vendredi, dans la ville de Cochabamba (centre), puis à Sucre (sud, capitale constitutionnelle de la Bolivie) et à Santa Cruz, une région riche de l’est du pays et un bastion de l’opposition.

Dans la nuit de vendredi à samedi, les mutineries se sont étendues aux autres régions du pays, à l’exception de celles de La Paz et de Pando (nord, à la frontière avec le Brésil et le Pérou), selon les medias locaux.

Néanmoins, des scènes de fraternisation entre policiers et manifestants de l’opposition ont été observées dans la capitale.

Par ailleurs, les policiers de l’Unité des opérations de police tactique (UTOP) de La Paz, qui contrôlaient strictement l’accès à la place Murillo où se trouve le siège du gouvernement, se sont retirés samedi matin en signe de soutien aux mutins, a constaté un journaliste de l’AFP. L’endroit reste cependant gardé par des officiers et sous-officiers de cette unité.

« Notre démocratie est en danger à cause du coup d’Etat en cours que des groupes violents ont lancé contre l’ordre constitutionnel. Nous dénonçons devant la communauté internationale cette attaque contre l’Etat de droit », a déclaré sur Twitter vendredi soir le président indigène de gauche Evo Morales.

Le ministre de la Défense Javier Zavaleta a cependant exclu pour le moment une intervention militaire contre les mutins.


– « Défendre le vote » –

Le parti au pouvoir, le Mouvement vers le socialisme (MAS), a appelé « tous les militants, les organisations sociales et les sympathisants » dans les neuf départements touchés par les mutineries à « se rendre à La Paz » ce samedi pour « défendre (…) le vote des villes et des campagnes en faveur » de M. Morales et du vice-président Alvaro Garcia Linera.

Jusqu’à maintenant les rues de La Paz ont été surtout occupées par des manifestants de l’opposition.

Sur l’avenue Prado, la principale artère de La Paz, des dizaines de policiers ont défilé vendredi au sein d’une colonne de manifestants d’opposition criant de slogans hostiles à Evo Morales, selon un journaliste de l’AFP.

Un des principaux dirigeants régionaux de l’opposition, qui réclame la démission de M. Morales, a assuré samedi que la pression sur le président ne faiblirait pas. « Aujourd’hui, la pression (dans la rue) se poursuit, nous ne pouvons pas nous reposer, nous ne pouvons pas faire un pas en arrière », a lancé Marco Pumari, de Potosi (sud-ouest).

Evo Morales, 60 ans, est au pouvoir depuis 2006. Il a été réélu le 20 octobre pour un quatrième mandat jusqu’en 2025 mais l’opposition a dénoncé une « fraude ». La vague de contestation qui a éclaté dès le lendemain du scrutin a fait trois morts et 200 blessés.



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