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Affaire Ntaganda: Mukwege encourage la CPI à « poursuivre ses enquêtes en RDC »

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Le gynécologue et prix Nobel de la paix congolais Denis Mukwege a encouragé mardi la Cour pénale internationale (CPI) à « poursuivre » ses enquêtes en République démocratique du Congo en saluant sa décision de reconnaître coupable l’ex-chef de guerre Bosco Ntaganda.

« La décision rendue à La Haye est un pas dans la bonne direction qui ne peut nous faire oublier que les instigateurs de l’instabilité dans la région des Grands lacs et en RDC continuent d’occuper des fonctions dans les institutions et au sein des forces de sécurité et de défense », a écrit le Dr Mukwege dans un communiqué.

Le bureau de la CPI doit poursuivre ses enquêtes en RDC « pour enrayer la spirale de la violence qui se poursuit en Ituri, dans les Kivus et ailleurs jusqu’à ce jour », poursuit le médecin qui soigne les femmes victimes de violences sexuelles dans sa clinique de Panzi, près de Bukavu (Sud-Kivu).

La CPI a reconnu coupable lundi l’ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda de crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour des massacres de civils et des viols de jeunes filles enrôlées comme enfants soldats en Ituri dans les années 2002-2003.

Sa peine sera prononcée ultérieurement.

La décision de la CPI est tombée alors que l’Ituri a été prise en juin dans un nouveau cycle de violences attribuées à un groupe de « tueurs » contre qui l’armée congolaise a lancé des opérations.


« C’est une grande satisfaction », a déclaré à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, Me Christian Utheki, un notable de la province, qui espère que la décision de la CPI va « dissuader d’autres criminels éventuels ».

Il a demandé des « réparations » pour les victimes.

« Il mérite cette condamnation car il a massacré plusieurs personnes de ma communauté », a déclaré à un correspondant de l’AFP Mateso Ngabu, membre de la communauté lendu, en guerre avec les Hema de 1999 à 2003.

« On sait la manière dont la CPI travaille. C’est une justice par l’intermédiaire des ONG », a tempéré Pele Kaswara, membre de la communauté hema.

Il invite la CPI à « descendre sur le terrain » pour constater « les crimes qui se commettent à Djugu », où des représentants héma estiment que leur communauté est la principale cible des nouvelles violences.


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