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Moody’s dégrade la note du Congo-Brazzaville

Par Jeuneafrique - 02/08/2017

Après Standard and Poors, l'agence de notation Moody's a annoncé vendredi 28 juillet avoir dégradé la note de la République du Congo, de B3 à Caa2, avec perspective négative

 

Moody’s justifie sa décision de dégrader la note du Congo de B3 à Caa2 avec perspective négative par le fait que « le gouvernement congolais va faire défaut sur ses euro-obligations de manière imminente », et qu’il « pourrait rester en défaut sur une période prolongée ».

Ce défaut imminent est dû au litige opposant l’État congolais à la société Commissions Import-Export S.A (Commisimpex), laquelle affirme avoir « conclu d’importants contrats d’infrastructures avec le gouvernement de la République du Congo dans les années 1980 pour lesquels elle n’a jamais été payée ». La créance a été estimée par le cabinet d’audit Mazart à 986 millions d’euros au 15 octobre 2016.

Une bataille judiciaire

Fin juin, le pays avait bien effectué les remboursements prévus pour ses euro-obligations, mais la somme versée a été gelée, sur décision de la justice américaine, pour le compte de Commisimpex.

L’agence de notation précise que même si ces remboursements parviennent aux porteurs des titres, « il restera un risque que des prochains remboursements soient gelés, tant que la bataille judiciaire entre Commisimpex et la République du Congo continue ».

 


© Droits reservés
Congo-Brazzaville.
Des problèmes de liquidité

Outre ce problème, l’agence de notation pointe également des problèmes de liquidité « de plus en plus aigus qui pourraient conduire à des pertes importantes pour les créanciers du secteur privé au cours des prochaines années ».

L’agence s’inquiète des créances que le gouvernement et les entreprises publiques, telles que la Société Nationale des Pétroles du Congo, doivent à des fournisseurs privés de biens et de services. Ces créances représenteraient, selon Moody’s, entre 30 et 40% du PIB, en incluant le montant réclamé par Commisinpex.

Les problèmes de liquidité résultent, selon l’agence, des importants besoins financiers du gouvernement, creusés par la chute des revenus pétroliers et une réduction des possibilités de financement. De fait, « le gouvernement a quasiment épuisé les deux sources de financement sur lesquels il s’était appuyé depuis 2014, à savoir ses dépôts en espèce et les emprunts à la Banque des États d’Afrique Centrale (BEAC) ».

Le 7 juillet dernier, Standard and Poors (S&P) avait également annoncé avoir dégradé la note de la dette extérieure congolaise, de B-/B à CCC/C avec perspective négative.
 
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