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Anatole Collinet Makosso : «les trois objectifs que nous nous étions fixés sont atteints»

Par adiac-congo.com - 02/05/2017

Le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation a effectué du 21 au 27 avril une visite de terrain dans les départements de la Likouala, la Sangha, la Cuvette…

 

Le but étant de s’assurer de la bonne exécution des programmes scolaires ; encourager les élèves et réconforter les enseignants à la veille des examens d’Etat.

Vous vous êtes rendus dans une douzaine de localités où vous avez visité plus de vingt écoles. Quel est votre constat et les leçons à tirer ?

Nous avons trois enseignements liés aux objectifs que nous nous sommes fixés. Le premier était de nous assurer de l’évolution et du niveau d’exécution des programmes scolaires avant les évaluations de fin d’année. En un mot, nous avons voulu nous assurer de ce que nos enseignants ont respecté le calendrier scolaire. Deuxième enseignement, assurer les élèves, qui ont pour la plupart moins de 20 ans, pour les mettre en confiance. Le plus important pour nous, était de nous mettre en contact avec ces élèves car, il nous fallait venir les écouter. Nous sommes donc heureux de constater que les enfants ont la maîtrise de leurs enseignements, ils maîtrisent les objectifs généraux et spécifiques tels que nous les concevons au niveau du ministère. Nous sommes également heureux de constater que les élèves connaissent les intitulés des chapitres de leurs leçons. Ils sont arrivés à la conclusion que leurs programmes scolaires sont totalement achevés sinon en voie de l’être.

Troisième enseignement, communier aussi avec les enseignants parce qu’ils font leur travail dans des conditions parfois difficiles, notamment ceux de l’intérieur du pays. La situation est rude, nous traversons une conjoncture économique difficile. Certains nous ont dit qu’ils ont travaillé pratiquement sans crédit de fonctionnement, sans moyens.
Nous pensons que les trois objectifs que nous nous étions fixés à savoir : nous assurer nous-mêmes ; assurer les enfants et réconforter les enseignants, sont atteints et nous ne pouvons que nous réjouir des résultats auxquels nous nous sommes parvenus après la première phase de notre tournée.

Partout où vous êtes passés, vous avez eu des échanges avec les enseignants, les élèves et les parents d’éleves, les problèmes sont posés en termes de l’effectivité de la gratuité de l’éducation. Alors, où en est-on et qu’est-ce que vous leur avez dit ?

Nous avons échangé avec les élèves, les enseignants, les équipes de maîtrise et les autorités locales sur l’effectivité de la gratuité de l’enseignement. C’est une décision du gouvernement qui n’en ait pas encore renoncé. Le gouvernement a simplement procédé à une nouvelle forme d’allocation de ces fonds de fonctionnement et de gratuité. A l’époque, les établissements les recevaient au début de l’année scolaire, mais depuis un moment, le ministère des Finances a changé le mode de payement.

Mais les procédures et les formes de mobilisation de cette ressource sont tellement complexes, à cela s’ajoutent les difficultés conjoncturelles que le Congo connaît actuellement. Ainsi, comme toutes les autres administrations et structures déconcentrées qui fonctionnent avec des crédits alloués, les établissements ont eu du mal à bénéficier des fonds de fonctionnement nécessaires.

Donc le gouvernement n’a pas failli à sa mission. Nous avons aussi retenu avec les parents d’élèves que cette préoccupation soit inscrite au prochain conseil national de l’enseignement pour que nous regardions si nous pouvons demander leur participation comme par le passé.

 


© Droits reservés
Anatole Collinet Makosso, ministre de l’Enseignement primaire et secondaire.
Un autre problème évoqué concerne la situation des vacataires, bénévoles ou volontaires. Comment gérez-vous ce dossier au niveau du ministère ?

Il y a deux dossiers distincts : d’un côté, les vacataires et de l’autre, les volontaires ou bénévoles de l’enseignement. La situation des vacataires existe depuis plusieurs années. Il s’agit des personnes de bonne volonté ayant un certain nombre de compétences qu’elles peuvent partager aux enfants. Nous les utilisons au collège et au lycée, en leur donnant une tâche horaire.

Pour cette catégorie, tout ce que nous avons à faire, c’est juste établir une autorisation de vacation, nous leur affectons un volume horaire qu’ils exécutent et chaque année les états sont montés pour qu’ils soient payés à l’heure. Ce travail a toujours été fait ainsi depuis des dizaines d’années et il continue à se faire. De temps en temps, la communauté, les autorités locales et les équipes de maîtrise elles-mêmes font un effort pour que ces vacataires puissent bénéficier parfois de certains moyens de subsistance pendant cette période en attendant qu’à la fin de l’année, leurs états soient calculés, mis à la disposition du ministère des Finances et qu’ils soient payés. Les vacataires qui sont dans cette situation ne nous posent pas suffisamment de problèmes sauf lorsque leurs états trainent au niveau des services du trésor ou de finances.

Le problème qui est le plus crucial est celui des bénévoles de l’enseignement. C’est pour ces problèmes effectivement que nous avons commis dernièrement une équipe qui a parcouru l’ensemble des départements pour faire le recensement des personnels bénévoles, particulièrement au niveau des écoles primaires. Depuis la mise en œuvre du Projet d’appui à l’éducation de base (Praebase) en 2000, nous avons constaté que plusieurs écoles manquaient d’enseignants et dans le cadre de ce projet nous avions recruté un certain nombre de personnes qui avaient été jugées aptes à donner des enseignements. Elles ont bénéficié d’une formation qui leur a permis d’enseigner dans les écoles primaires dont certains ont bénéficié d’une intégration à la Fonction publique et d’autres continuent d’attendre.

Ayant compris qu’il y a un précédent, les populations ont poursuivi le travail engagé dans le cadre du Praebase. Elles recrutaient parfois elles-mêmes des personnels bénévoles surtout dans des zones rurales, en leur payant. Chaque fois que l’école recevait ses petits fonds de gratuité ou son budget de fonctionnement, elle y participait. Donc, c’était une entente entre l’école, les parents d’élèves et même certains élus. Mais à certain moment, ils n’arrivent plus à supporter la prise en charge de ces enseignants bénévoles. Cela devient encore un souci pour l’Etat. Là aussi, il nous faut un recensement pour qu’en cas de quota d’intégration plus important à la fonction publique, nous arrivons à régulariser leur situation. Ceux qui n’ont pas de niveau nous verrons l’approche à mettre en place pour essayer de les encourager, de les réconforter, de récompenser leurs efforts.
 
MOTS CLES :  Anatole Collinet Makosso   Congo 

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