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La Poste : Et si le service public méritait plus d’attention

Par Quentin Loubou - 12/04/2017

Par Quentin Loubou

 

La petite actualité d’une grève avortée chez l’opérateur public postal la semaine dernière à mieux fait de scruter les difficultés de la Société des postes et de l’épargne du Congo (Sopeco). Si la poste doit demeurer efficace et compétitive, elle espère au moins une attention plus soutenue de l’Etat qui doit soutenir sa mission sociale.

Il y a quelques jours, des individus isolés ont tenté de simuler une grève à la Sopeco. Faute d’adhésion des travailleurs, le coup a raté. Ces derniers ont plutôt sauté sur leurs positions de travail, après qu’ils ont obtenu de la Police l’ouverture des bureaux. Les services de sécurité sont à pied d’œuvre pour traquer ces personnes car le syndicat officiel et les délégués du personnel ne se reconnaissent pas dans cette agitation.

« Ce sont de gens dans l’entreprise qui veulent boycotter l’activité de la poste. S’ils en veulent réellement à la directrice générale, ils devraient venir fermer nos bureaux ici, or ils sont allés mettre des petits cadenas sur le site où se trouvent les bureaux des structures stratégiques. Là où nous vendons les services de la Poste. Ces bandits sont dans la maison, une enquête est lancée et certains sont interpellés », a expliqué la directrice générale de la Sopeco, Brigitte Manckouadia.
Ce n’est pas un véritable malaise, se rassure la directrice générale qui refuse de lier cet acte à la situation salariale dont un mois reste impayé à ce jour.

« Si nous sommes aptes à scruter notre environnement, et à lire la conjoncture, nous devrions comprendre cette évidence de difficultés de paiement des salaires, surtout pour l’Opérateur public postal qui est né avec des malformations congénitales. Nous avons payé les salaires de Février et nous nous battons pour payer ceux de mars », affirme-t-elle, assurée.

Quoique « infondée » et « échouée » l’agitation relance à nouveau le débat sur le financement du secteur postal. Plusieurs déboires de la société sont parfois attribués au management de l’entreprise, issue de la scission de l’ONPT, mais qui végète depuis, en attendant la mise en œuvre de son plan de développement (PIDEP). A l’heure où les postes du monde s’emploient à rééquilibrer leurs stratégies et services au regard des menaces indispensables du numérique, la poste congolaise n’a pas réussi à assoir une vraie politique de croissance et de développement, faute de moyens conséquents.

Qui va financer la mission sociale de la Poste

Malgré une loi de réforme du secteur en 2009, la problématique du financement du service public demeure. Déjà « sous perfusion dès sa naissance », la SOPECO réalise en effet des services qui ne peuvent à eux seuls consolider son budget. A l’époque de l’ONPT, ce sont les télécommunications qui soldaient la mission sociale de la poste. « Il y a une responsabilité de l’Etat par rapport au service universel. Le fonds du service universel pour venir compenser les pertes liées aux opérations postales de base ; cette charge qui est mystérieuse pour certains », explique la directrice générale, qui justifie « la main tendue » de la société vers l’Etat.

Avec une subvention décrue anormalement ces dernières années, la Poste n’arrive pas à faire face aux multiples engagements envers ses salariés et ses partenaires.

 


© Droits reservés
La création de la Banque postale du Congo (BPC), dans laquelle la Sopeco se contente de 20% d’actions, avait pourtant annoncé de nouvelles perspectives de développement de ce secteur. Dès la première année d’activité de la BPC, selon de sources concordantes, la subvention de la Poste a été coupée de près de la moitié. La Sopeco ayant déjà perdu les commissions du Centre des chèques postaux (CCP), déversées à la Banque postale, qui constituaient sa première rubrique d’entrée.

« On pense que nous recevons de l’argent de la Banque postale. Or la Banque elle-même n’a pas encore amorti ses investissements. Du point de vue des revenus issus de cette banque nous ne recevons encore rien. Mais nous le comprenons », souligne la directrice générale.

Si les questions de pourcentage avec la BPC n’ont pas encore été réglées, la Poste peut se contenter d’un partenariat avec l’institution bancaire qui déploie ses bureaux à travers le pays sur les sites lui appartenant. « Nous avons espoir que nous ouvrirons d’autres bureaux pour accompagner la BPC dans ses missions. Pour le moment, ce que nous recevons dans le loyer ne pèse pas dans le budget de la Sopeco », s’émeut-elle.

Des 110 agences postales que compte la Poste sur tout le territoire, trente-neuf seulement sont opérationnelles à la fin des années 2000. Dans le cadre de l’accompagnement du programme de municipalisation accélérée, des bureaux de Postes sont ouverts dans les départements concernés et opèrent tant bien que mal, malgré une concurrence accrue (C’est le cas de Madingou dans la Bouenza et de Boko dans le Pool).

Un avenir radieux pour la Sopeco

Résolue à rehausser la Poste, Brigitte Manckoundia estime que la société est sur une bonne voie. « Nous ciblons les germes porteurs d’avenir de la Sopeco pour mener des actions salvatrices permissives de son évolution », se défend-elle. Malgré un sous-financement qui pèse sur ce bilan, la société a réalisé quelques avancées. « Nous avons créé deux centres de distribution du courrier ; une innovation à la Poste congolaise. Nous avons créé un espace guichets moderne et informatisé au Centre de Tri et Messagerie de Brazzaville pour l’affranchissement et la livraison des colis », précise Brigite Manckoundia..

Dans la liste des innovations à la Poste, on peut noter la diversification du portefeuille produits financiers de la SOPECO, en profitant des avantages des TIC, et la création d’un cyber Poste dans un bureau succursale pour contribuer à la réduction de la fracture numérique. Si la Poste a fait de la formation de huit administrateurs ces dernières années, pour relever le défi de la performance, elle a par ailleurs booster sa logistique en se dotant d’un service de distribution et de chauffeurs des motocyclettes.

« En dehors de celles reçues du ministère, nous en avons acheté 50 », justifie-t-elle. « Nous avons acquis 8 véhicules à trois roues fermées et trois véhicules 4X4 Fortuner, Grand Vitara, Runner », souligne la directrice générale de la Poste, entreprise décorée récemment comme « Best Management of projet » par l’Union postale universelle et elle-même, élevée au grade d’Officier dans l’ordre du Mérite Congolais le 08 mars dernier
 
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