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Le Congo à la 23ème édition du Siel

Par JDB source adiac-congo.com - 24/02/2017

Le ministre de la Culture et des arts, Léonidas Carel Mottom Mamoni, restitué la participation des écrivains et éditeurs congolais au salon international de l’édition et du livre

 

De retour à Brazzaville après avoir pris part à la 23è édition du Salon international de l’édition et du livre (Siel) qui s’est tenue à Casablanca au Maroc, du 09 au 19 février ; le ministre de la Culture et des arts, Léonidas Carel Mottom Mamoni restitué la participation des écrivains et éditeurs congolais à ce salon, parlé de la rencontre de haut niveau entre les ministres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) qui a porté sur les industries culturelles ainsi que sur le plaidoyer fait au cours de ces assises sur le Festival panafricain de musique (Fespam) qui aura lieu dans cinq mois au Congo.

Vous venez de représenter le Congo à la 23è édition du Salon international de l’édition et du livre à Casablanca au Maroc ; quels ont été les temps forts de cette rencontre littéraire ?

Au cours de cette grande rencontre, il y a eu plusieurs moments forts. Le premier a été, le lancement du Salon en présence du Prince, représentant le roi. Il y a eu aussi la visite des stands ou le Prince du Maroc est resté longtemps sur le stand du Congo, tout en prenant le temps de lire les ouvrages des écrivains congolais dont celui du président de la République. Nous avons été très honorés de la prestation de nos écrivains que sont madame Sylvia Diop ainsi que Ramsès Bongolo. Ils ont valablement représenté le Congo. Sylvia Diop a même défendu un thème sur la femme. Aussi, nous avons décidé de faire en sorte que désormais, lorsqu’il y a des activités où nous devons sortir du pays avec des écrivains, nous réserverions un quota pour les jeunes écrivains qui n’ont pas toujours l’opportunité de présenter leurs œuvres littéraires à l’extérieur. Nous l’avons fait au Maroc, nous allons le faire en France.

Le Congo n’était-il représenté que par des écrivains ?

Pas du tout. A côté de ces deux écrivains, nous sommes partis avec trois maisons d’édition. Toujours dans cette dynamique de ne laisser personne sur la marche, nous avions pensé aux éditeurs. A propos, nous avions fait de telle sorte que les maisons d’édition ne soient pas seulement celles qui viennent de Brazzaville. C’est pourquoi, à côté des maisons Les Manguiers des Dépêches de Brazzaville et Les éditions Hemar du professeur Mukala Kadima Nzuji, nous avions amené aussi les éditions LMI de Maurice Loubouaka venu de Pointe-Noire. Ces trois éditeurs ont fait aussi la promotion de plusieurs ouvrages écrits par des Congolais. Nous sortons de là, très satisfaits.

Vous avez pris également part à la rencontre de haut niveau des ministres de la Culture de la CEEAC. De quoi a-t-il été question ?

A côté du salon du livre il y a eu une grande réunion de haut niveau des ministres de la culture de la CEEAC et plusieurs membres du gouvernement marocain. Cette rencontre a porté sur la place du développement des industries culturelles. Nous nous sommes sentis d’autant plus à l’aise, tout simplement, parce que lorsque nous sommes arrivés à la tête de ce département, nous avions commencé à parler des économies dans la culture. En effet, nous avions toujours porté notre réflexion sur la place de la culture dans l’économie. Comment faire pour que les artistes congolais vivent de leurs œuvres ? Comment faire pour que le ministère de la Culture ne se limite pas à un ministère qui demande mais qui apporte une plus-value sur les plans économique et social mais aussi sur la question de l’emploi. Dans la culture, nous avons à peu-près une centaine d’emplois à mettre en place, mais ce sont des emplois qu’il faut professionnaliser, valoriser.

Au cours de cette rencontre, nous avons parlé de la possibilité de mettre en place une synergie qui permette aux différents ministères de la culture de plusieurs pays de la Cééac et du Maroc de voir dans quelles mesures nous pourrons travailler ensemble, pour faire en sorte que la question de la piraterie, du développement des industries culturelles, de la professionnalisation des métiers dans la culture, soient des questions que nous pouvons traiter et aborder de façon transversale.

La réunion concernait les ministres de la Culture, mais il se trouve qu’il y a eu des ministres marocains d’autres secteurs qui ont pris part à cette rencontre ; pourquoi ?

Oui, nous avions à la table de cette réunion, plus de 12 ministres du gouvernement marocain, en partant du ministre de l’économie, de celui de l’industrie, celui de l’aménagement du territoire, le ministre de l’intérieur, le ministre de l’économie numérique, … A titre d’exemple, le téléphone portable, en dehors de la fonction recherche via Internet et de la fonction d’appels, sert généralement à mettre de la musique, télécharger les livres, suivre des films. C’est pour dire que la culture a aussi une place importante même dans l’économie numérique. D’où, nous parlons de la transversalité du département de la culture. Voilà pourquoi, il y a eu la présence de tous ces ministres.

 


© Droits reservés
Léonidas Carel Mottom Mamoni, le ministre de la Culture et des arts.
L’occasion était également bien indiquée pour nous, de faire un plaidoyer sur le Fespam. Au cours de ce plaidoyer, nous avions fait une projection visuelle du Fespam en termes d’idées sur les nouveautés que nous souhaitons apporter à cet événement tant sur le plan organisationnel, technique, qu’autres. A l’issue de notre plaidoyer, nous avions été surpris de constater que les pays membres de la Cééac et le gouvernement marocain attendaient cet exposé. Nous avions eu des réactions très positives de ces pays, mais aussi du peuple marocain de par ses représentants dans la volonté de nous accompagner pendant la onzième édition du Fespam qui se tiendra du 08 au 15 juillet 2017.

Le Fespam aura lieu dans la première quinzaine du mois de juillet. A cinq mois de l’événement, pouvez-vous nous rassurer que la fête sera belle ?

La fête sera belle, très belle parce qu’elle sera la fête des artistes panafricains et des musiques traditionnelles et modernes. Elle sera la fête des musiques urbaines ; parce qu’elle est d’abord née de la volonté de l’Union africaine et du président de la République. En effet, au sortir de la guerre fratricide de 1997, le président de la République avait mis tous les moyens pour que le Fespam serve à rassembler les Congolais à travers la musique et non à les diviser. A nous faire revivre, l’expérience ou la beauté de nos cultures basées sur le vivre ensemble, sur le respect et l’échange. Donc, il n’y a aucune raison que la fête ne soit pas belle.

Quelles sont les innovations pour la prochaine édition ?

Quelques-unes déjà. Hier par exemple, il n’y avait pas de code artistique au Fespam, non plus de code scientifique, aujourd’hui ces codes existent. Hier, il n’y avait pas de dossier d’appels à candidature pour participer au Fespam, aujourd’hui, il en existe. Aucun festival au monde n’existe sans répondre à un dossier d’appels à candidature. J’ai par devers moi, un récapitulatif des dossiers des réponses d’appels à candidatures. Vous serez surpris de l’engouement du Fespam à l’étranger. Il y a beaucoup d’artistes musiciens étrangers qui ont pris le temps de remplir des appels à candidatures. Cela veut dire qu’ils s’intéressent au produit Fespam. C’est pour vous dire qu’il y a un grand travail axé sur la diplomatie culturelle que nous sommes en train de mener.

« La onzième édition du Fespam sera une réussite et la fête sera belle »

Ce qui est certain, c’est que nous travaillons pour que le Fespam soit vraiment cette vitrine culturelle, non pas seulement pour la musique, mais aussi pour bien d’autres domaines. Pendant le Fespam, il y a des colloques, c’est scientifique. Il y a aussi le Musaf et c’est pendant le Musaf que nous travaillons à faire en sorte qu’un certain nombre d’artistes par leurs prestations, négocient des prestations à l’étranger. Pendant le Fespam nous recevons plus de 1500 artistes venus de l’étranger. Ces artistes sont logés dans des hôtels, c’est une plus-value pour le tourisme. Ils prennent des taxis, c’est une plus-value pour ceux qui travaillent dans le domaine des transports. Il est de mon devoir en tant que ministre de la culture de protéger les artistes et c’est ce que je fais. Le Fespam sera une réussite et la fête sera belle.

Impliquerez-vous d’autres secteurs dans l’organisation de la 11è édition du Fespam ?

La vérité c’est que l’organisation du Fespam est l’un des seuls moments où le ministère de la Culture et des arts, dispose d’un budget pouvons-nous permettre de réaliser un certain nombre des projets. J’assume l’idée d’utiliser une petite partie de l’argent du Fespam pour faire développer d’autres secteurs qui concernent le ministère de la Culture et des arts. La onzième édition a pour thème « Musique et environnement en Afrique et dans la Diaspora ». Dites-moi, où est le mal si nous avons des peintres qui expriment la protection de l’environnement à cette occasion ? Où est le mal si pendant le Fespam nous avons des écrivains africains qui au travers de l’écriture, parlent également de la protection de l’environnement ? Ce n’est pas méchant. Ma vision du Fespam ce n’est pas du 08 au 15 juillet ; elle est éternelle. Nous aurons une période totalement culturelle dans ce pays à partir de juin jusqu’au mois de juillet, mais aussi après juillet, puisqu’il nous faut, faire des rapports, travailler sur des retombées économiques.
 

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