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Mort suspecte d’un ex-bras droit de Sassou en détention: après Ntsourou, à qui le tour ?

Par Boundi OUOBA - 20/02/2017

Par Boundi OUOBA

 

Il s’appelait colonel Marcel Ntsourou. Il était le numéro 2 des services de renseignement au Congo Brazzaville. Tombé en disgrâce après sa mise en cause dans l’affaire des explosions meurtrières de mars 2012, Marcel Ntsourou a été jugé et condamné à une peine d’emprisonnement à perpétuité. En juillet 2013, peu avant son incarcération, le colonel avait déclaré qu’il détenait des informations apportant la preuve de l’implication de la haute hiérarchie militaire et du chef de l’Etat lui-même dans l’affaire des massacres du Beach. Mais pris d’un malaise dans sa cellule, l’ex-bras droit de Sassou Nguesso a rendu l’âme, le 17 février dernier, des suites, dit-on, d’un arrêt cardio-respiratoire.

S’ensuit une polémique sur les circonstances de sa mort ; certains n’hésitant pas à parler de crime dans un pays où il ne fait pas bon être opposant. A qui donc profite ce crime ? Assurément, au président Sassou Nguesso qui ne fait pas de quartier à tous ceux qui osent se mettre en travers de son chemin. S’il ne leur fait pas la peau, il les envoie méditer sur leur sort derrière les barreaux. C’est le cas du Général Jean-Marie Mokoko qui, hier, était porté au pinacle, et qui aujourd’hui, croupit en prison pour avoir commis le péché irrémissible de lorgner le fauteuil du prince. Apparemment, c’est le sort réservé à tous qui, au cours de leur vie, ont prêté leurs.

Services aux dictateurs. Ils sont obligés d’aller jusqu’au bout sous peine de vivre l’enfer. Il suffit de jeter un regard de l’autre côté de la rive du fleuve Congo, en RD Congo, pour s’en convaincre. En effet, pour avoir pris ses distances avec le président Joseph Kabila, Moïse Katumbi en aura vu des vertes et des pas mures, tant et si bien qu’il était obligé de quitter son pays pour se réfugier en Belgique où, on le sait, il s’était officiellement rendu pour des soins médicaux.

 


© Droits reservés
Le colonel Marcel Ntsourou.
On peut échapper à la justice des hommes, mais jamais à la justice immanente

Patrick Karegeya, du nom de l’ex-directeur général des renseignements extérieurs du Rwanda, a été aussi retrouvé mort en Afrique du Sud, parce qu’il était entré en dissidence avec Paul Kagamé, et donnait l’impression d’en savoir un peu trop sur les circonstances de l’assassinat de Juvénal Habyarimana. On peut multiplier les exemples à travers le continent ; tant les satrapes ne supportent pas la contestation. Certes, pour en revenir au Congo Brazzaville, le procureur a vite fait d’ouvrir une enquête pour élucider les circonstances de la mort du colonel Ntsourou, mais, comme on le sait, la justice, sous nos tropiques, ne va jamais à l’encontre des intérêts du régime en place. D’où les appréhensions de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) qui réclame plutôt une enquête internationale indépendante pour déterminer les mobiles du décès de celui-là que Sassou ne voulait plus voir, même en peinture. C’est le lieu donc d’en appeler à la responsabilité de la communauté internationale, notamment la France qui a laissé faire, pour arrêter le rouleau compresseur de Sassou qui phagocyte tout sur son passage. Car, comme le dit le directeur de l’OCDH, « la situation de Marcel Ntsourou n’est qu’un cas de plus. Nous enregistrons des décès en cascades dans nos prisons » . C’est pourquoi d’aucuns n’hésitent pas à se poser, avec un peu de cynisme, la question suivante : après Marcel Ntsourou, à qui le tour ? Cela dit, Sassou doit se le tenir pour dit : on peut échapper à la justice des hommes, mais jamais à la justice immanente. Peut-être beaucoup de martyrs devraient-ils se consoler s’ils entendaient les dictateurs se confesser auprès du Tout-Puissant, pour les torts qu’ils ont commis ici-bas.
 
MOTS CLES :  Sassou   Marcel Ntsourou   Détention   Mort 

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