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Rencontre avec… Claude Le Roy : Le « Sorcier blanc » vise une dixième Can

Par lesoleil.sn - 05/01/2017

Par lesoleil.sn

 

Fidèle au rendez-vous depuis plus de trois décennies, Claude Le Roy sera encore de la partie au Gabon. Le « Sorcier blanc » connaîtra ainsi à sa neuvième CAN. Un record absolu. Mais le technicien français, qui a eu à diriger le Cameroun, le Sénégal, la RD Congo à deux reprises, le Ghana, le Congo-Brazzaville et qui coache actuellement le Togo, espère mettre un terme à sa carrière en 2019, au Cameroun. Là où tout a démarré. Mais cela passe d’abord par une qualification des Eperviers.

L’une des attractions de cette 31e CAN sera sans aucun doute Claude Le Roy. Le technicien français, aux commandes de l’équipe du Togo, va participer à sa neuvième CAN. Le Roy n’est certes pas l’entraineur le plus titré d’Afrique, mais peut se targuer de détenir le record de participation à une phase finale de CAN.

Celle qui se tiendra au Gabon sera sa neuvième, soit plus que le pays organisateur qui en compte 7, les « Eperviers » du Togo (8 participations), l’Ouganda (6 participations), le Zimbabwe (3 participations) ou encore la Guinée Bissau (1 participation).

Cette prouesse résulte du fait que depuis 1985, les nations africaines ont fait appel à son expertise. D’abord le Cameroun (1985-1988), le Sénégal (1989-1992), la RD Congo (2004-2006, puis 2011-2013), le Ghana (2006-2008), le Congo-Brazzaville (2013-2015) et le Togo (2017).

Le secret de sa longévité

De secret, Claude Le Roy n’en a point. « J’aime le football à la folie, je suis passionné par le football. Je suis aussi passionné par l’Afrique. J’aime ce continent ». La réussite, selon lui, c’est beaucoup de travail, beaucoup d’exigence. « Les choses ne sont plus les mêmes qu’il y a trente ans. Les joueurs ont besoin de sentir un entraineur qui se remet souvent en question, qui se réactualise tout le temps, qui est à l’écoute de ce qui se fait de mieux, mais aussi qui a un bon discours. Les joueurs ne sont plus les mêmes, le niveau n’est plus le même, le background n’est plus le même, de même que leur cursus individuel », a expliqué le coach. « Dans ce métier, si l’on pense qu’on est arrivé, on est mort. Il faut toujours considérer que le match le plus important c’est le prochain », soutient-il. Mais toute cette réussite s’explique, selon le technicien, par la chance, le travail et aussi la rigueur tout en étant en avance sur les autres. « Quand on donne l’exemple soi-même, on a la chance à la fin d’arriver à une 9e CAN. C’est une chose à laquelle je n’aurai jamais pensé quand j’ai commencé la première expérience il y a 31 ans, mais ça se terminera en 2019 ce sera je l’espère la dixième et dernière.

Ce sera un compte rond », a noté Le Roy. Une fin de carrière pour le « Sorcier blanc » qui tirera peut-être sa révérence au Cameroun, là où tout a démarré. « La CAN au Cameroun c’est dans deux ans. Ça parait très court, mais dans la carrière d’un entraineur, c’est une éternité », a estimé Le Roy. Et la chance qu’il a, a-t-il assuré, c’est d’être toujours là, présent sur un terrain, en forme, heureux de diriger des joueurs, d’être avec un staff pétri de qualité. Pour Claude Le Roy, retourner travailler là où il avait démarré constitue la plus grande fierté de sa carrière.

Nommé sélectionneur du Togo en remplacement du Belge Tom Saintfiet, l’expérimenté entraîneur français devra relancer durant les trois prochaines années cette sélection qualifiée à cette messe continentale grâce à sa place de meilleur deuxième. Mais Claude Le Roy se veut clair. Dans son contrat, la CAN 2017 n’était pas incluse.

Pas d’équipe à craindre dans le groupe C

Le « Sorcier blanc » devait préparer les Éperviers qui restaient sur un échec en 2015, pour la CAN 2019 prévue au Cameroun. « On a pu se qualifier pour cette CAN. On va essayer de jouer à fond dans un groupe où les trois autres peuvent être champions d’Afrique. La RD Congo, c’est l’une des meilleures équipes avec le Sénégal, l’Algérie, la Cote d’Ivoire et le Maroc. La Cote d’Ivoire c’est le champion d’Afrique, tandis que le Maroc a réussi à mettre en place deux équipes de haut niveau. On est donc les tout petits de ce groupe. On va essayer d’être les empêcheurs de tourner rond », a laissé entendre Claude Le Roy.

Pour le technicien, il n’y a pas d’équipe à craindre dans ce groupe et donc pas le tout premier match, le 16 janvier à Oyem face à la Côte d’Ivoire, championne en titre. « On dit souvent que si on rate son premier match, c’est la fin de tout, ce qui n’est pas forcément vrai. On a vu des champions d’Afrique qui ont perdu leur premier match. Mais c’est bien quand même de réussir le premier match. C’est bon pour le mental de l’équipe », a relevé Le Roy qui ne se fixe d’autre objectif de « montrer la qualité comme je l’ai toujours fait lors des phases finales de CAN dont certaines ont été victorieuses, d’autres presque victorieuses, d’autres décevantes en résultat, mais pas en qualité ». Celle de Dakar en 1992 fait partie des plus grandes déceptions de Le Roy. « On a fait deux super matchs qu’on a perdus contre Nigéria et le Cameroun qui étaient des géants à l’époque. On aurait pu gagner ces deux matches, comme le Sénégal aurait même pu gagner la CAN 90, en Algérie », a indiqué Le Roy. Pour lui, le football n’est pas une science exacte. Le plus important à ses yeux, c’est toujours essayer de développer un football de qualité. Et c’est ce que le Togo va chercher à faire.
Au souvenir de Sénégal 1992

En huit participations en phase finale de CAN, Claude Le Roy a eu un palmarès respectable. Finaliste en 1986 avec le Cameroun, vainqueur de la CAN 1988 avec le Cameroun, demi-finaliste en 1990 avec le Sénégal, demi-finaliste en 2008 avec le Ghana. Mais son unique succès avec le Cameroun en 1988, au Maroc, n’a pas le plus marqué le technicien. « Ce n’est pas parce qu’on a gagné le trophée continental que cette CAN là m’a le plus marqué », a-t-il soutenu. « J’ai toujours gardé comme grande tristesse cette élimination avec le Sénégal en quart de finale. Je sais qu’on avait une équipe magnifique, très structurée. Sur une balle de contre en fin de match on prend un but. On fait un match d’ouverture contre le Nigeria, qui est sans doute l’un des plus beaux matchs que j’ai vus en Coupe d’Afrique. Le Nigeria n’est pas en finale, ce qui est une surprise parce que c’était probablement les deux meilleures équipes cette année-là », a expliqué le technicien.

 


© Droits reservés
Claude Le Roy.
Tout cela, a soutenu Le Roy, entre dans la vie d’une CAN. « Il faut se rappeler qu’en ce moment-là, il y avait douze qualifiés. Avant, il n’y en avait que huit. Pour arriver en Algérie à huit qualifiés seulement, il fallait au dernier tour sortir la Tunisie qui était un des grands favoris. On avait fait deux énormes matchs contre la Tunisie pour nous qualifier pour Algérie 90 », se rappelle le technicien nostalgique. Avec Claude Le Roy, le Ghana a fini troisième de sa CAN à domicile en 2008 en battant le Maroc, le Nigéria, la Côte d’Ivoire, la Guinée. « On peut penser qu’on a battu toutes ces équipes, mais cela n’a pas fait de nous des champions d’Afrique. On a fini troisième. On a fait un parcours d’une qualité technique incroyable, mais cela ne suffit pas. Il faut un coup de chance qui permet de négocier un match bien compliqué et ça n’a pas été le cas avec le Ghana », a relevé Le Roy.

Repères

1986 : Une finale perdue avec Cameroun : Lors de cette CAN organisée en Égypte, la première de Claude Le Roy, le Cameroun atteint la finale. Les Lions indomptables s’inclinent aux tirs au but face aux Pharaons.

1988 : Titre continental avec les Lions indomptables : La CAN 1988, au Maroc, a été celle de la consécration pour Claude Le Roy. Les Lions indomptables génération dorée, avec des joueurs-cadres comme Roger Milla, Emmanuel Kundé, Louis Paul Mfédé ou encore le gardien de but Thomas Nkono deviennent champions d’Afrique devant le Nigéria (1-0).

1990 : Une demi-finale avec le Sénégal : Après le Cameroun, Claude Le Roy prend les destinées du Sénégal. Il parvient à propulser l’équipe pour la première fois de son histoire en demi-finales. Les Lions perdent devant le pays organisateur, l’Algérie (1 – 2), qui va inscrire son nom au palmarès des vainqueurs du trophée. Le Sénégal perd la petite finale face à la Zambie.

1992 : Rien qu’un quart de finale avec le Sénégal : Pour la première CAN sur « ses » terres, Claude Le Roy et ses joueurs étaient très attendus. Le Sénégal est éliminé en quart de finale par une équipe du Cameroun plus réaliste.

2006 : Un quart de finale pour la RD Congo : De retour en Afrique, Claude Le Roy prend les rennes de la RD Congo. Les Léopards s’extirpent de leur groupe, mais tombent devant l’Égypte, futur vainqueur de l’épreuve.

2008 : Finaliste avec le Ghana : Sur les terres ghanéennes, Claude Le Roy ne parvint pas à mener les Black Stars vers un cinquième sacre. Le Ghana qui a dominé la Guinée, la Namibie et le Maroc en match de groupe, sort le Nigeria en quart avant de s’incliner face au Cameroun en demi-finales. Claude Le Roy et son équipe terminent néanmoins sur le podium après une victoire sur la Cote d’ivoire lors de la petite finale.

2013 : Pas de second tour pour la RD Congo : En 2011, Claude Le Roy reprend les commandes de la RD Congo qu’il avait réussi à qualifier à la CAN de 2013, en Afrique du Sud. Pour cette 29ème édition, le Français n’a pas trouvé la formule magique. L’équipe est éliminée au premier tour après trois matchs nuls face au Ghana, Niger et Mali.

2015 : Un petit quart avec le Congo : Avec Claude Le Roy, le Congo réussit l’exploit de sortir leader de son groupe. Mais les « Diables rouges » vont perdre en quarts de finale le derby face aux [« Léopards »].
 
MOTS CLES :  Claude Roy   Sorcier Blanc   Can 

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