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Les réfugiés congolais dans l'impasse indienne

Par rfi - 04/01/2017

En Inde, le Haut Commissariat aux réfugiés, qui est chargé de défendre ces derniers, n'a pas d'autorité légale dans ce pays asiatique

 

 


© Droits reservés
« Où est passée ma vie ? »

Plus d'une centaine de Congolais de RDC sont réfugiés en Inde, selon Benoît, le président de l'association qui les regroupe. La grande majorité a fui la répression politique et militaire de leur gouvernement et tous languissent dans cette situation temporaire devenue permanente, réalisant généralement des petits boulots de traduction pour survivre.

Jacques est arrivé en 2008 et a pensé, suivant les assurances du HCR, obtenir un visa en 2010. Au bout de quatre ans d'attente, le ministère de l'Intérieur a failli l'arrêter, ce qui l'a poussé à se cacher à nouveau. Pendant toutes ces années, Jacques a été sélectionné pour un travail chez Google, qui n'a finalement pu l'engager faute de papiers en règle ; il est tombé amoureux d'une Indienne mais ne peut se marier, « car si je me présente à la cour pour enregistrer notre mariage, on m'arrête, affirme Jacques.

Je suis arrivé à 30 ans. J'en ai maintenant 37, et je me retrouve à quémander pour survivre. Où est passée ma vie ? »
, demande-t-il, les yeux perdus dans l'horizon gris de l'hiver de New Delhi.
Beaucoup de réfugiés régionaux, tels que les Afghans et les Rohingyas de Birmanie, en plus des Tibétains et Tamouls, reçoivent ce fameux visa à long terme qui leur permet de travailler et de sortir du pays. Selon l'avocat Fazal Abadi, le ministère de l'Intérieur a émis en 2014 une note interne et confidentielle qui étendrait ce droit à d'autres réfugiés reconnus par le HCR. Mais son application est encore peu visible.

Une proposition de loi pour un statut uniforme

Un député national indien aimerait mettre fin à cette hypocrisie bureaucratique. Shashi Tharoor, ancien secrétaire général adjoint de l'ONU et élu à la Chambre basse (Parti du Congrès, opposition) a rédigé en 2015 une proposition de loi qui mettrait en place une Commission en charge de créer un statut uniforme de réfugié et de demandeur d'asile.

Le texte leur offrirait le droit de travailler, recevoir des soins ainsi que d'envoyer leurs enfants gratuitement à l'école primaire. « J'ai soulevé cette question au Parlement et avec le secrétaire général du ministère de l'Intérieur et ils n'ont rien contre mon texte, mais ils ne veulent pas le soutenir », confie Shashi Tharoor à RFI. « Est-ce qu'ils ne veulent pas lier leurs mains ?, se demande-t-il. Va-t-on donc décider de la situation de chaque groupe selon les exigences politiques du moment ? ».

Certains pensent que les autorités seraient réticentes à offrir un statut trop hospitalier aux réfugiés, de peur de devenir une terre d'accueil dans une région où les conflits et catastrophes naturelles, de l'Afghanistan au Bangladesh, en poussent beaucoup hors de leurs frontières. Shashi Tharoor rejette cet argument, en affirmant que « nous avons déjà attiré des millions de personnes dans le passé. Pendant la guerre civile au Népal, 7 millions de Népalais sont venus en Inde. Nous n'avons pas la capacité de contrôler nos frontières et les gens vont venir de toute façon. Au moins quand ils viennent, offrons leur des conditions raisonnables pour un pays civilisé ».
 

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