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Bruxelles et Washington sanctionnent neuf hauts responsables congolais

Par rfi - 13/12/2016

Ils sont accusés d'avoir participé à la répression violente des manifestations du 19 septembre 2016

 

Sept hauts responsables de l'armée, de la police et de l'administration en RDC ont été sanctionnés par le Conseil européen lundi 12 décembre. Ils sont accusés d'avoir participé à la répression violente des manifestations du 19 septembre dernier. De son côté, Washington a sanctionné deux membres du gouvernement, dont le ministre de l'Intérieur.

Le Trésor américain leur reproche de « saper le processus démocratique » en RDC. Pour Washington, le ministre de l'Intérieur Evariste Boshab est l'un des principaux acteurs d'un maintien au pouvoir de Joseph Kabila après la fin de son mandat le 19 décembre 2016. Kalev Mutond, le chef de la puissante Agence nationale de renseignements (ANR), est quant à lui accusé d'avoir muselé l'opposition, ordonné des arrestations extrajudiciaires, dont de possibles cas de torture, et empêché les manifestations de l'opposition. Les deux hommes voient donc leurs avoirs gelés.

Trois autres personnalités congolaises ont déjà subi le même traitement en septembre dernier. « Les Etats-Unis ont clairement indiqué qu'ils appliqueraient des sanctions individuelles contre ceux qui portent atteintes aux institutions démocratiques ou prennent part à de graves violations des droits humains, explique à RFI Thomas Perillo, envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands lacs. Et il y a des faits bien établis qui montrent que ces deux individus, par leur fonction et leurs décisions, entrent dans ce cas de figure ».

De son côté, l'Union européenne a sanctionné ce lundi après-midi sept responsables congolais en gelant également leurs avoirs éventuels en Europe et en suspendant l'obtention de visas pour se rendre sur le Vieux Continent. Ces sanctions visent essentiellement les membres du centre opérationnel chargé de gérer les manifestations du 19 septembre dernier à Kinshasa. A son bord, le commandant de la Garde républicaine Ilunga Kampete, le chef de la zone de défense de Kinshasa de l'armée congolaise Gabriel Amisi Kumba, alias Tango Four, le commandant de l'unité antiémeute, mais aussi le chef de la police congolaise Célestin Kanyama, ainsi que le chef du renseignement militaire et le numéro 2 de l'ANR du.

Tous ces responsables ont été impliqués dans la gestion des manifestations à Kinshasa le 19 septembre, mais aussi dans sa répression violente et l’usage disproportionné de la force, ont estimé les ministres européens des Affaires étrangères. « Il est important que la communauté internationale, et en l’occurrence l’Union européenne, adresse un message de très grande fermeté et de très grande clarté », a souligné le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault. Une cinquantaine de personnes ont été tuées au cours de ces manifestations contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

 


© Droits reservés
Des opposants lors de la manifestation à Kinshasa, le 19 septembre 2016.
Ne pas bloquer les discussions en cours

L'objectif de ces sanctions est d'envoyer un signal fort pour empêcher toute nouvelle flambée de violence si de nouvelles manifestations devaient se tenir autour du 19 décembre, date à laquelle prend fin le mandat du président Kabila. « Nous craignons vraiment une escalade de la violence. Il faut à tout prix éviter cette violence et cela dépend beaucoup des décisions que le président en place sera amené à prendre dans les prochains jours », estime encore Jean-Marc Ayrault.

Mais ceux qui ont défendu la décision des prendre ces sanctions insistent bien sur le fait qu’elles ne visent pas à bloquer les pourparlers politiques qui viennent de reprendre à Kinshasa pour tenter de trouver un accord sur une transition politique jusqu'à l'élection du successeur du président. [i « Certains diront qu'elles [les sanctions] viennent trop tard ; d'autres, trop tôt, poursuit Thomas Perillo. Ce qui est important est qu'il y ait ce processus de médiation inter-congolais sous la direction des très respectés évêques catholiques. C'est vraiment la première fois que les médiateurs sont acceptés par les acteurs majeurs de chaque camp et c'est pour moi la meilleure chance qu'on ait eu jusqu'à présent de trouver un large consensus sur l'avenir dans le contexte des défis constitutionnels actuels. Donc même si les sanctions font les gros-titres, l'important est ce qu'il va se passer lors de ce rassemblement sous la médiation des évêques »].

Lambert Mende dénonce des sanctions « illégales »

Le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende a immédiatement dénoncé des sanctions « illégales ». « Elles procèdent d'une sorte de droit impérial qui est aux antipodes du droit international », a-t-il déclaré.

« C’est le principe qu’un Etat se permette de prendre des sanctions contre un autre Etat en toute illégalité, sans passer par le Conseil de sécurité. Ils peuvent aller devant le Conseil de sécurité pour ces problèmes-là. Il n’y a pas de problème entre les Etats-Unis et nous, il n’y a pas de problème entre l’Europe et nous. Ce sont des problèmes de gestion interne ici. Nous avons des juridictions qui peuvent s’occuper de ces questions-là. Si les Européens le font, c’est parce qu’ils veulent nous imposer un système politique ou des dirigeants à leur convenance. Et ça, nous ne pouvons pas l’accepter, 56 ans après l’indépendance. Nous ne sommes pas dupes. Il ne faut pas qu’on nous trompe avec des propos lénifiants : « oui il y a des abus », de ce type-là. Qu’on nous laisse régler nos problèmes. (…) On ne prend pas des sanctions contre des officiels d’un autre Etat. C’est de la violation du droit international. »

Le porte-parole du gouvernement a estimé que ces sanctions seront sans effet sur les personnes ciblées et a promis des suites judiciaires.
 

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