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Energies renouvelables: l’exemple de la centrale solaire Noor au Maroc

Par Flaure Ewane Epée, à Ouarzazate - 29/09/2016

Se positionnant à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique, le royaume a récemment rehaussé son ambition dans le secteur, la portant à 52% du mix énergétique d’ici 2030

 

Partant de Marrakech, il faut cinq à six heures de route pour arriver à Ouarzazate, au Sud du Maroc. Ouarzazate, surnommée « la porte du désert » est le chef-lieu de la province du même nom. C’est aussi la ville siège du plus grand complexe solaire au monde : Noor. Déployé par Masen, acteur incontournable du secteur énergétique, la centrale est logée à environ dix kilomètres au Nord-Est de la ville réputée « artisanale » et peuplée majoritairement par les « berbères ».

 


© journaldebrazza.com
Le bâtiment administratif de la Centrale Noor visité par des journalistes samedi, 10 septembre 2016.
Le solaire à grande échelle
De loin, on peut les apercevoir ce samedi, 10 septembre 2016. Depuis l’autobus qui nous y conduit, au milieu des montagnes, les panneaux de la centrale Noor (traduit par «lumière» en Arabe) sont visibles. Disposés tels des écrans plats en forme de courbe, ils brillent de mille feux.

 


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Des panneaux de la Centrale Noor à Ouarzazate.
Etendu sur 3 000 hectares, le site de la centrale sera constitué de quatre solaires multi-technologiques (CSP cylindro-parabolique, CSP tour et photovoltaïque) d’une capacité totale de 580 MW, développées dans le respect des standards internationaux, tant au niveau technologique qu’environnemental. Lesdites solaires sont également associées à une plateforme de recherche et développement qui s’étend sur plus de 150 hectares. En effet, le Maroc a récemment rehaussé son ambition en énergies renouvelables, la portant à 52% du mix énergétique d’ici 2030. « De ce fait, le royaume se positionne à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique », lit-on sur la fiche de présentation du projet Noor.

Ainsi, à l’approche de la Conférence des nations sur le climat (COP22), l’on apprendra d’Abderrazak El Amrani, ingénieur central chargé d’opération et de maintenance que la centrale solaire Noor, « unique au monde capable de produire jusqu’à 160 mégawatts dans un seul bloc de turbines, injectés dans le réseau national depuis 2015 » est « totalement achevée dans sa première phase ».

 


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Au sommet du bloc technique de NooRo I.
« La particularité de notre site c’est qu’on peut produire l’électricité après le coucher du soleil durant trois heures », a souligné Abderrazak El Amrani alors qu’il faisait visiter à une cinquantaine de journalistes d’Afrique – équipé de bottes et de gilets de protection – la centrale NooRo I, l’une des 4 que compte le méga-complexe solaire de Ouarzazate, première phase du projet.

 


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Le dispositif technique mis en place à Noor.
La NooRo I
Bâtie sur une surface de 480 hectares (contre 680 hectares pour la NooRo II, 750 pour la III et 210 pour la NooRo IV), la NooRo I, qui dispose de deux tours de contrôle avec deux installations principales (le chaud solaire et les bols de puissance), a un linéaire total de 240 kilomètres sur lequel sont alignés ses 7 800 miroirs.

Miroirs et tubes de fabrication allemande, structure métallique marocaine, avec un champ solaire allant de l’Est vers l’Ouest qui a pour fonction de transformer les rayons solaires en une énergie thermique, la NooRo I est « suffisamment caractérisée pour garder la chaleur qu’on reçoit du soleil », explique Abderrazak El Amrani. Avec une capacité brute de 160 mégawatts, cette centrale, dont la construction a été entamée en 2013, est en service depuis 2015. Suivront ensuite les NooRo II (200 MW) et III (150 MW) actuellement en chantiers et dont la mise en service est prévue en 2017.

 


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Une tour de la Centrale Noor à Ouarzazate.
Financement
Selon les chiffres communiqués sur le site, l’exploitation du plan solaire Noor est assurée par une soixantaine de personnes environ. A travers le développement de ses centrales solaires de 2 000 MW d’ici 2020, il devrait générer des investissements de plus de 9 milliards de dollars (plus de 5 000 milliards de FCFA) et permettre une économie annuelle des émissions de gaz à effet de serre équivalente à 3.7 millions de dollars (près de 2 000 milliards de FCFA) de tonnes de CO2, à cet horizon-là. « Au-delà, ces indicateurs atteindront des niveaux encore plus importants », précise-t-on sur la fiche de présentation du projet.

Classé numéro un dans le secteur des énergies renouvelables, le complexe solaire Noor, pourtant construit dans un pays « co-locataire » du désert, fait la fierté du Maroc considéré, selon de nombreux experts, comme un exemple de développement de l’économie verte sur le continent noir. Un positionnement utile, quand on sait que le Royaume accueillera pour la deuxième fois en 15 ans, une COP. La 22e. A Marrakech.

Article précédent : Hub Africa, porte-parole des PME à la COP22 pour un continent plus vert
 

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