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Moïse Moni Della demande à Sassou d’observer une neutralité positive

Par JDB source adiac-congo.com - 05/08/2016

le président du parti à vocation écologiste Conadé exhorte le chef de l’État du Congo-Brazzaville à considérer, dans ses interventions relatives aux problèmes de la RDC, les aspirations profondes du

 

Vous êtes le président de Conadé (Conservateurs de la nature et démocrates), parti politique à tendance écologique. Cela fait près d’une semaine que les nouvelles donnes se sont incrustées dans la sphère politique congolaise. Quelle lecture faites-vous de la tendance actuelle ?

Ce que l’on a enregistré depuis la venue d’Étienne Tshisekedi et son meeting du 31 juillet n’est que le message très fort du peuple congolais qui tient mordicus à la démocratie, qui tient aux élections libres et transparentes, qui tient au bien-être social. Sinon, comment peut-on concevoir que dans une ville de 10 millions d’habitants, à peu près trois millions se sont mobilisés pour cette rencontre ? Et cela, c’est l’estimation des personnes averties. Et, à l’arrivée de Tshisekedi, c’était pareille. Le message, c’est que le peuple projette l’avenir du pays à travers Tshisekedi qui est appelé à rencontrer les attentes de la population. Le peuple lui donne un penalty qu’il doit transformer en but. Et l’on sait que lorsqu’un peuple se lève, il est plus fort qu’une bombe atomique. Et il y avait dans la foule, des calicots qui rappelaient à Étienne Tshisekedi cette réalité, en l’appelant d’actionner cette bombe.

On sait qu’il y a peu, Étienne Tshisekedi avait demandé au peuple de dormir comme un bébé et lui ferait le reste mais là, ce peuple n’a pas continué à dormir. Il s’est levé pour agir et prendre son destin en main. Cela, pas seulement à Kinshasa mais aussi à l’intérieur du pays où les gens se sont levés pour aller à leurs aéroports respectifs comme si Tshisekedi y arrivait.

Il y a une certaine opinion qui voit au discours d’Étienne Tshisekedi un élan sécessionniste ou putschiste. Qu’en dites-vous ?

Sécessionniste ? Là, je leur laisse la liberté de penser comme cela mais cela est loin de Tshisekedi qui incarne la nation. Si on tenait compte de la vérité des urnes lors des élections de 2011, c’est Tshisekedi qui serait élu. Donc, il ne peut jamais faire la sécession. Quand vous dites un élan putschiste, là encore je dis non. Car le peuple est souverain, au dessus du peule, il n’y a que Dieu. Dans ses dires, il n’a fait que rappeler ce qui est consigné dans la Constitution, l’esprit de la Constitution, même s’il n’est pas aller à la lettre de la mère des lois. Tshisekedi, c’est quelqu’un qui a étudié. même si, pour certains, celui qui parle un langage contraire est taxé d’illettré. Tshisekedi, qui est le premier docteur en droit du pays, ne confond rien. Il ne fait qu’interpréter la Constitution en appelant le peuple souverain à se prendre en charge au cas où la Céni n’organise pas les élections en temps voulus par la Constitution.

Le Rassemblement dont vous faites partie et Étienne Tshisekedi ont définitivement récusé le facilitateur Edem Kodjo. Et, parmi les noms qui circulent pour le remplacer, il y a celui du président Denis Sassou N'Guesso. Pensez-vous qu’avec lui, les choses vont avancer ?

Avant toutes choses, j’aimerai vous dire que j’ai beaucoup de considération pour le président Denis Sassou N'Guesso parce que lorsque j’étais en exil à Brazzaville vers les années 80, il m’a protégé contre la demande pressante du régime du président Mobutu de me voir extrader au Zaïre de l’époque, pour avoir tenu des propos qualifiés de désobligeants au cours d’une interview à la télévision congolaise. Le président Sassou a donc refusé de me livrer jusqu’à ce que je sois parti en Europe. Je dois quand même quelque chose au président Sassou et au Congo Brazzaville où j’ai étudié.

Lorsque le président Sassou a reçu le président Kabila, nous avons eu échos des qu’il lui avait conseillé le schéma du Dialogue de Sibiti, qui a permis au président Sassou de changer la Constitution et de se donner un autre mandat. Nous, nous respectons bien la volonté de nos frères et sœurs de l’autre rive du fleuve Congo, qui ont voulu porter leur dévolu sur le président Sassou, qui a aujourd’hui une grande expérience sur les affaires de la sous-région et de l’Afrique tout entière pour avoir géré des conflits dans plusieurs pays en Afrique. Mais, en face des intérêts du peuple de la RDC, bien que j'aie des attachements avec Brazzaville et les considérations envers ses dirigeants, je ne pourrais tergiverser.

C’est pourquoi je relève ici le risque de ce schéma du Dialogue de Sibiti qui risque de nous amener à ce que le président Kabila change la Constitution alors que cela est contraire à la volonté du peuple. Il est tout à fait normal que le président Sassou s’intéresse à la situation de la RDC, parce que non seulement il est un parent, un frère et un voisin mais on le sait, lorsque le Congo Kinshasa tousse, le Congo-Brazza s’enrhume. Nous lui demandons donc d’observer une neutralité positive, en conseillant à son homologue RD congolais de respecter la volonté du peuple congolais et les textes qui régissent notre pays et s’éviter de donner des béquilles à ce régime finissant, décadant et honnis par le peuple. Qu’il soit du côté du peuple.

 


© Droits reservés
Moïse Moni Della.
Votre parti politique pris à part, pense-t-il que le Dialogue est toujours nécessaire en ce moment?

Le Dialogue par essence est nécessaire. C’est ce qui donne de l’air à la démocratie mais c’est la finalité qui pose problème. Pour les amis du pouvoir, le Dialogue est un boulevard qui va nous amener à une autoroute et d’autoroute à un TGV et à un avion que va prendre Joseph Kabila, pour une destination de présidence à vie. Pour eux, après le Dialogue, c’est le référendum et, après le référendum, c’est le mandat à vie. Nous n’allons donc pas prêté le flanc à un dialogue visant cet objectif prisé par la majorité au pouvoir. Mais, sur le plan des principes, un démocrate ne peut pas refuser de dialoguer. C’est d’ailleurs pourquoi nous récusons Edem Kodjo, qui a été l’arbitre et qui a pris les couleurs d’une des équipes sur le terrain. Nous refusons que cela arrive au président Sassou.

Quelles sont les actions prévues par votre partie et la plate-forme, le Rassemblement, dans lequel vous êtes, en cas de non-convocation du scrutin présidentiel au 19 septembre ?

Nous sommes dans une méga plate-forme qui a montré ses preuves depuis Genval, l’arrivée de Tshisekedi et le meeting. Vous avez vu que le Congo bouge. Ce n’est pas pareil quand Moïse Moni Della avec son parti ou tel autre politique avec son parti. Ici, c’est le Congo en miniature ou en grande nature. Donc, on mènera des actions ensemble comme l’a dit le président Tshisekedi. Si le préavis qui est assorti d’un délai n’est pas respecté, il y aura des actions et le peuple va se lever pacifiquement, comme un seul homme, pour l’empêcher de violer la Constitution, selon l’article 64. Nous allons utiliser, comme des démocrates et pacifistes, toutes les méthodes pacifiques. Le peuple, quand il se lève, il est plus fort qu’une bombe atomique.

Y a-t-il un message particulier à lancer au peule et à vos pairs politiciens ?

Au peuple, je demande de tenir bon. Le préavis est lancé et nous devons veiller. Après l’expiration du préavis, il doit y avoir le déguerpissement forcé. Cette fois-ci, il n’y aura plus de distraction. Et nous demandons à Tshisekedi d’actionner ce peuple qui ne va plus s’endormir. Nous pensons qu' Étienne Tshisekedi est la personne la mieux indiquée pour gérer la transition et organiser les élections. Et, pour nous, notre candidat à ces élections est Moïse Katumbi. Là, on ne fait pas de cela un mystère et on rappelle au pouvoir que ce qu’il a en train de faire à Katumbi, c’est lui donner ce qui lui manquait : de souffrir de martyr. Tous les grands de ce monde sont passés par là, la prison et l’exil, dit-on, sont les antichambres du pouvoir. Lumumba, Thomas Sankara, Alpha Kondé, Mandela, Oattara, Tshisekedi, etc.

sont tous passés par là. Maintenant Moïse Katumbi est considéré comme un martyr vivant. On l’étouffe mais, partout dans le monde, on parle de lui et lorsque Tshisekedi faisait son meeting, la population a réclamé Katumbi dont la fin de harcèlement politique est tenue, à côté de la libération des prisonniers politiques, comme l’une de conditions de la tenue du Dialogue.
 

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