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Pierre Lechantre : « Nous allons au Kenya pour gagner »

Par adiac-congo.com - 02/06/2016

Avant de monter dans l’avion à destination de Nairobi, le sélectionneur dresse le bilan du stage de préparation des Diables rouges et explique qu’il reviendra au système en 4-4-2 classique au Kenya

 

Monsieur Lechantre, votre équipe est en stage depuis une semaine, pour la première fois depuis votre nomination. Hormis le match contre le Maroc que l’on abordera ensuite, êtes-vous satisfait du travail réalisé avec un groupe presque au complet (ndlr : Ondama et N’Ganga sont arrivés lundi soir) ?

Je voudrais que l’on parle du match, qui est tombé à point pour souligner les problèmes de communication qui existaient entre mon envie de mettre en place un système et la réception des joueurs. Cela nous a permis de visionner la rencontre avec les joueurs, de leur montrer ce qui n’a pas fonctionné et de développer les principes que je souhaite mettre en place pour faire évoluer l’équipe.

Outre le score rendu anecdotique par un arbitrage déficient, ce match a été très moyen dans le contenu : aucun tir cadré, presque aucune occasion franche et guère plus d’enchainements de jeu…

Effectivement, nous n’avons pas montré grand-chose et il y a peu de satisfactions à en tirer. Certes, le Maroc est une équipe de valeur, avec des bonnes individualités et un collectif performant, qui nous a pris à la gorge pendant la première demi-heure avec un gros pressing. Mais cela ne justifie pas nos insuffisances, que j’explique davantage par un niveau de forme physique disparate, un manque de motivation chez certains et un déficit de débauche d’énergie et d’engagement chez d’autres. Et quand on ne se donne pas à fond, on ne peut pas rivaliser avec une équipe du niveau du Maroc. Après le match, on a fait le point avec les joueurs en soulignant les carences pour ne pas reproduire ce genre de prestation contre le Kenya.

Si on vous suit, les nombreux enseignements négatifs de ce match vous ont servi de base de travail depuis vendredi ?

Complètement. Que ce soit défensivement, où l’on a joué trop bas, par moment. Au milieu de terrain où le pressing n’était pas suffisant. Mais cela sera rectifié. J’ai tenté de mettre en place un système avec un milieu en losange, mais cela n’a pas fonctionné. Un entraîneur doit s’adapter aux caractéristiques de ses joueurs, donc on a corrigé le tir durant ce stage en travaillant un système en 4-4-2, plus classique. Ce matin (ndlr:mercredi), on a effectué une opposition dans ce sens, et on a constaté que chacun savait ce qu’il avait à faire à son poste. Au niveau de l’attaque, Fodé Doré revient de blessure et a un manque de compétition logique. Thievy Bifouma a connu une fin de saison délicate à Reims, où il a joué plusieurs matchs sous infiltrations. Donc, ils retrouvent leur forme petit à petit, ce qui n’était pas le cas vendredi contre le Maroc, et ont montré de bonnes choses durant cette opposition.

Contre la Zambie, vous aviez essayé de mettre en place un plan de jeu avec une défense à cinq, avant de revenir au 4-4-2 en cours de match. Avec cette tentative de milieu en losange, on sent que vous essayez d’apposer votre empreinte sur cette équipe. Mais n’est-ce pas compliqué à faire en cours de campagne éliminatoire ?

J’ai ma conception du football et j’essaye de l’appliquer à mon équipe. C’est pour ça que j’ai du mal à accepter qu’on me fasse des réflexions du type « on jouait comme ça avec Claude Le Roy ». Chaque entraîneur a son style et essaie de l’apporter à son groupe. Mais au-delà du système mis en place, j’accorde beaucoup d’importance au pressing, afin d’être capable de récupérer le ballon dans des zones bien précises. Et c’est sur ce critère que j’ai insisté ces derniers jours. Après je prends en compte les qualités individuelles des uns et des autres et j’essaie de leur proposer un système qui n’enferme personne, qui laisse la place nécessaire à l’improvisation et au talent offensif.

Après la double confrontation contre la Zambie, vous aviez déclaré vouloir voir d’autres éléments et votre souhait était d’effectuer un stage avec un groupe élargi. Cela n’a pas été le cas. Pourquoi ? Est-ce seulement partie remise ?

Effectivement, mon ambition était de faire venir, en plus des vingt joueurs que je considère comme le noyau dur, les joueurs d’Israël, de Turquie, d’Europe de l’Est. On ne m’en a pas donné la possibilité.

 


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Pierre Lechantre, sélectionneur des Diables Rouges du Congo.
Que doivent attendre les supporteurs congolais face au Kenya ? Une équipe qui jouera le contre, qui prendra le jeu à son compte ?

Nous avons six points à prendre en deux matchs, à commencer par les trois points au Kenya. Il n’est pas question de faire des calculs. Nous allons au Kenya pour gagner. J’en ai discuté ce matin avec Mafoumbi : il avait tendance à garder le ballon, à attendre et à laisser monter l’équipe pour dégager ensuite. On en pourra pas être dans le même état d’esprit. On récupère le ballon, on joue rapide pour porter le danger sur l’équipe adverse. Et on gagne.

Vendredi, face au Maroc, on a vu un Fodé logiquement court physiquement. Où en est-il aujourd’hui ?

Il est mieux physiquement, même si je ne pense pas qu’il soit revenu au niveau qui était le sien lors de son quadruplé face à la Guinée Bissau. Il fait le maximum et il faut lui accorder les circonstances atténuantes : il manque de compétition, avec quelques apparitions en équipe réserve du SCO, et de repères. Il reste un joueur important pour l’équipe, même s’il n’a pas 90 minutes dans les jambes.

Séduisant sur le papier, le tandem Oniangué-Ndinga est aligné par tous les sélectionneurs depuis plusieurs années, avec une réussite limitée. Vous avez tenté cette association face au Maroc.

Depuis vendredi, nous avons beaucoup discuté avec Delvin et Prince. Ensemble, nous avons analysé leur prestation de façon à ce que chacun mette sa notoriété dans sa poche et que l’on forme le meilleur milieu possible. Je suis tenté de réessayer cette association, mais ils doivent être performants et efficaces…

Vous n’avez pas pu intégrer de nouveaux joueurs pour ce stage, mais deux éléments ont fait leurs débuts en sélection : Clevid Dikamona et Prince Ibara. Qu’avez-vous pensé de leur prestation ?

Je suis assez satisfait. Il y a encore des réglages à apporter en défense, mais je pense que la charnière Lépicier-Dikamona est complémentaire et qu’elle a du potentiel. Il va donc falloir qu’ils jouent le maximum de matchs ensemble pour développer leurs automatismes. D’une manière générale, on a joué trop bas. On a donc travaillé cet aspect pour parvenir à défendre en avançant, en insistant sur la couverture. Ibara montre de belles choses à l’entrainement et a fait une entrée intéressante. Il se rapproche de plus en plus des titulaires, avec des qualités de vitesse, de percussion et de conservation du ballon. Mais il lui reste de gros progrès à faire au niveau de l’efficacité devant le but.

Une sélection ne fait jamais totalement l’unanimité. Mais votre dernière liste n’a pas créé beaucoup de débats en dehors de l’absence de Dzon Delarge, qui est régulier dans un club de haut de tableau en Turquie. Avez-vous vu des vidéos de ses matchs en Turquie ?

J’ai des réticences à me baser uniquement sur la foi des vidéos. C’est pour cela que Delarge fait partie des joueurs que je voulais voir durant ce stage élargi. Je n’ai pas pu le faire. L’objectif désormais est de gagner le Kenya et d’organiser ce rassemblement à domicile pour le match contre la Guinée Bissau avec des joueurs que je n’ai pas pu voir pour l’instant.

Pour finir, vous avez, ces dernières semaines, amorcé le dialogue avec des binationaux de Ligue 1 comme Maboulou et Iloki sans trouver un accueil réceptif de leur part.

Effectivement, j’ai l’impression qu’ils ne sont pas prêts à répondre présent. Peut-être est-ce de la susceptibilité mal placée, mais j’estime que quand j’appelle un joueur pour évoquer la sélection et qu’il me répond « je suis occupé, je vous rappelle », il devrait me rappeler. C’est la moindre des corrections.
 
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