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SNPC: détournement d’argent, après un vol de chèques en blanc signés

Par Joël NSONI - La semaine Africaine - 16/09/2014

Le vol de chèques en blanc signés à la Société nationale des pétroles du Congo, aurait permis de sortir d’importantes sommes d’argent d’une banque à Brazzaville

 

La Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) est secouée, depuis quelques jours, par un scandale le vol de chèques en blanc signés, ayant permis de sortir d’importantes sommes d’argent d’une banque de la place. L’affaire aurait éclatée depuis le retour de la fête du 15 août dernier. A l’enquête interne s’est ajoutée l’enquête de la D.g.s.t (Direction générale de la surveillance du territoire) qui fait passer aux interrogatoires des cadres et dirigeants de cette société publique chargée de la vente des parts du pétrole congolais, issues des contrats de partage de pétrole.

 


© e-monsite
Le siège de la SNPC à Brazzaville
Le vol de chèques se serait déroulé au service financier et comptable situé au sixième étage de l’immeuble du siège de la S.n.p.c, à Brazzaville. L’affaire ne fait pas bruit. Et pourtant, cette fois, il est difficile de dissimuler le scandale derrière la loi de l’omerta. Véritable mastodonte de l’économie nationale, la S.n.p.c, à travers ses filiales, est à la fois dans l’exploration, l’exploitation et la commercialisation du pétrole brut, le raffinage et la distribution des produits raffinés. Une véritable galaxie créée en 1998, à la tête de laquelle le gouvernement a mis, depuis janvier 2011, un directoire constitué d’un directeur général, de trois adjoints, et chapeauté par un conseil d’administration.

Entreprise publique, la S.n.p.c, qui contribue au budget de l’Etat à hauteur de 70%, comme disent les statistiques, communique peu sur ses propres activités, préférant, pour l’opinion, mettre l’accent sur ses réalisations humanitaires et sociales. «La S.n.p.c gère un ambitieux portefeuille d’actifs opérés et non opérés comptabilisant une production equity de 35.000 barils par jour», souligne-t-on, au Ministère des hydrocarbures. On est dans le pétrole et les affaires marchent. Selon un article publié par Jeune Afrique, en juillet dernier, «la Société nationale des pétroles du Congo (S.n.p.c) est sur le point de décrocher 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) (environ 750 milliards de francs Cfa).

L’opération, un préfinancement pétrolier piloté par Ecobank capital -dirigé depuis peu par Moyo Kamgaing-, a retenu l’attention d’un pool de financiers africains qui apporteront chacun entre 200 et 300 millions de dollars. Il s’agit d’Ecobank, des nigérians United Bank for Africa et A.f.c, du gabonais B.g.fi Bank et du sud-africain D.b.s.a. Une banque française figurerait également parmi les prêteurs. La levée, dont la finalisation est prévue en août, va permettre à S.n.p.c de financer sa part d’investissement dans des grands projets pétroliers du pays».

A Brazzaville, difficile, évidemment, d’avoir confirmation de cette information et l’on ne sait si, en tant que société publique, la S.n.p.c n’a pas besoin de l’avis des institutions nationales (gouvernement, parlement, etc.), pour se lancer à un tel niveau d’endettement représentant presque le quart du budget national. Les réunions de son conseil d’administration ne sont pas médiatisées et donc, il est difficile de savoir son chiffre d’affaires annuel, son propre budget de fonctionnement, le niveau de rémunération de son personnel, particulièrement les niveaux des primes, frais de mission et autres indemnités versées, le fonctionnement de ses filiales, etc. Ce qui donne lieu à des spéculations.

Par exemple, le 15 août est devenu, au sein de cette entreprise publique, un événement phare qui donne lieu à des dépenses faramineuses. Ainsi, pour le 15 août 2014, à Sibiti, la société aurait dépensé près de six milliards de francs Cfa, pour les dons et les manifestations organisées dont la réhabilitation et la construction de nouveaux bâtiments du lycée technique agricole de Sibiti à hauteur de 3 milliards 405 millions de francs Cfa. Les marchés d’achat des gadgets et autres équipements en Chine et ailleurs sont l’exclusivité des cadres de l’entreprise et l’on ne sait si ces marchés sont soumis à des contrôles internes et externes et s’ils sont passés suivant le code public des marchés. Après la fête, certains équipements comme les pagnes ne sont pas distribués et sont stockés dans le dépôt de l’entreprise. Ces pratiques font que pour un même Etat, il y a des fonctionnaires hyper riches et d’autres, la masse populaire, condamnés à tirer le diable par la queue.

C’est dans ce climat d’euphorie financière que la disparition des chèques est intervenue. A côté de bien d’autres affaires qui auraient pu intéresser les limiers des différents services de renseignements ou de contrôle d’Etat, le vol de chèques est un menu détail qui aurait pu passer sous silence, si les sommes retirées d’une banque de la place n’avaient pas suscité des envies, à l’intérieur même de la maison. Une dame comptable est au cœur de la tourmente. Elle aurait gardé les chéquiers comportant des chèques dûment signés dans un tiroir de son bureau. Une légèreté qui témoigne du climat dont la plus grande société publique congolaise est gérée. L’affaire finira-t-elle devant les tribunaux? Pas si sûr, puisque l’argent, semble-t-il, n’aime pas le bruit. Mais, attendons de voir la suite, pour plus de détails.

 

 
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