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Du bon usage de la dette publique

Par Jean-Paul Pigasse - 09/10/2017

Par Jean-Paul Pigasse

 

Le travail entrepris par le Fonds Monétaire International sur toute l'étendue de l'Afrique centrale afin d'aider cette partie du continent, durement impactée par la baisse des cours des matières premières et pas seulement du pétrole sur les marchés mondiaux, démontre s'il en était besoin que la solidarité internationale est plus que jamais nécessaire dans un monde où l'ouverture des frontières et le libre-échange qui en découle changent radicalement les rapports entre les nations. Il ne permettra peut-être pas de régler d'un coup de baguette magique les problèmes que chacun des Etats concernés doit aujourd'hui résoudre, mais il les amènera à renforcer les règles de bonne gouvernance qui, à terme rapproché, assainiront les finances publiques de chacun d'eux. Il faut qu’il parte

Ce qui s'est passé la semaine dernière au Congo illustre parfaitement le constat ainsi dressé. Loin de se dérouler dans un climat tendu comme le laissaient entendre nombre d'observateurs étrangers les discussions entre les équipes désignées par l'Etat et les experts envoyés à Brazzaville par la direction du FMI ont permis de traiter de façon sereine la question douloureuse de l'endettement national. La preuve en a été donnée au terme de ces débats lorsque la délégation du FMI a confirmé au Chef de l'Etat, Denis Sassou N'Guesso sa volonté de mettre sur pied rapidement un accord de long terme, publiant dans la foulée une synthèse de ses travaux qui ouvre la voie à un accord dont les spécialistes des deux bords vont devoir maintenant définir le contenu.

S'il est vrai que le Congo est aujourd'hui lourdement endetté il l'est tout autant que la charge financière qui pèse sur lui dans le moment présent résulte de la combinaison de trois facteurs qui sont loin, très loin, d'être négatifs et qui, selon toute vraisemblance, deviendront à brève échéance les moteurs de son développement.

Le premier de ces facteurs est la chute brutale des cours de l'or noir que personne, au Congo et ailleurs, n'avait anticipé. Survenant alors que le pays achevait le programme de grands travaux engagé dans le cadre de sa reconstruction entreprise au sortir des guerres civiles de 1997-1998-1999 cette chute a creusé un gouffre dans des finances publiques qui avaient été assainies non sans mal. Il suffit cependant de regarder ce qui se passe sur la scène internationale, au Proche et au Moyen-Orient notamment, pour comprendre qu'un rebond des cours du pétrole est non seulement possible mais probable, ce qui aura pour effet immédiat de rééquilibrer les finances publiques.

 


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Le deuxième facteur tient précisément au fait que dans le cours des quinze dernières années le Congo a mené à bien une modernisation de ses grandes infrastructures - hôpitaux, écoles, routes, ports et aéroports, zones industrielles - qui lui permettra dans les années à venir de mieux exploiter ses ressources naturelles - agricoles notamment - , de développer ses échanges avec l'ensemble de l'immense Bassin du Congo, d'installer sur toute l'étendue de son territoire des centres d'activité qui seront eux-mêmes source de richesse et de progrès social, bref d'accélérer le remboursement des dettes contractées à juste titre dans la période que nous vivons.

Le troisième facteur est le rôle que joue le Congo dans la prévention et la gestion des crises qui dévastent des pays comme la Centrafrique et la Libye. Au-delà, en effet, du plan diplomatique sur lequel il a été placé par ses pairs de l'Union Africaine en qualité de médiateur dans différents conflits Denis Sassou N'Guesso a appuyé humainement, mais aussi financièrement la recherche de solutions pacifiques. Ce faisant il a rendu et rend toujours un immense service à la communauté africaine dans son ensemble et plus largement à la communauté internationale qui tôt ou tard devront s'employer à lui renvoyer l'ascenseur, comme on dit en langue populaire.

Conclusion de ce qui précède : les diagnostics négatifs qui sont portés ici ou là sur le Congo ne tarderont pas à changer. Et la meilleure façon d'accélérer ce mouvement est de mener à bien la mise en place, avec le Fonds Monétaire International, d'un plan de redressement des finances publiques qui permette tout à la fois d'accélérer le désendettement du pays et de relancer la croissance interne dont dépend sa stabilité intérieure.
Il revient maintenant aux experts de mener à bien ce processus qui résoudra tous les problèmes présents.
 
MOTS CLES :  Congo Brazzaville   Dette 

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